Comprendre le Bitcoin & les crypto-monnaies

Le Bitcoin et les cryptomonnaies pour les Nuls

Daniel Ichbiah & Jean Martial Lefranc. First (2018, 2021)

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Comprendre le Bitcoin - Le Bitcoin et les cryptomonnaies pour les Nuls

Bitcoin et crypto-monnaies : les 9 termes essentiels expliqués de façon simple et claire

Bitcoin

Blockchain

Mineur / minage

Smart Contracts

Ethereum

Crypto-monnaie

Exchange

DeFI

NFTs



Le Bitcoin et les cryptomonnaies font régulièrement l'actualité.

L'envolée du Bitcoin en 2017 et bien plus encore, celle du début de l'année 2021 ont rappelé si besoin qu'il y avait là, sur le long terme, le meilleur investissement des 10 dernières années. Et toujours au début de l'année 2021, la vente d'une oeuvre d'art au prix de 69 millions de dollars par Beeple et l'entrée en Bourse tonitruante de Coinbase ont cristallisé l'attention de tous.

Toutefois, pour le néophyte, pas facile de s'y retrouver. Idéalement, nous vous conseillons la lecture du livre Bitcoin et cryptomonnaies pour les Nuls. Et en attendant, vous pouvez déjà consulter cette page où nous faisons le point sur les termes essentiels du domaine. Au risque de revenir à quelques fondamentaux sur l'histoire de la monnaie...

Extraits du livre 'Le Bitcoin & les crypto-monnaies pour les Nuls'

Bitcoin


btc

La première crypto-monnaie apparue, et ce, dès janvier 2009.

Vous allez sans doute poser la question : oui, mais, une crypto-monnaie, c'est quoi au juste ?

Faisons simple pour commencer. Une crypto-monnaie est une monnaie au même titre que l'euro ou le dollar. Et si certains avancent l'argument :

- Oui mais on ne peut rien racheter avec !

Il nous est aisé de répondre.

- Sauf que c'est faux !

Oui, il existe aujourd'hui diverses solutions de paiement à partir de crypto-monnaies et pas seulement sur le Web.

Mais n'allons pas trop vite en besogne.

Posons d'abord la question essentielle :


Une monnaie, c'est quoi ?

Nattanan Kanchanaprat Pixabay

Nous savons tous qu'avec des euros, nous pouvons acheter a priori ce que nous désirons. La boutique à qui nous fournissons ces euros convient de ce que ces € ont une valeur. Et que cette valeur ne risque pas de chuter vertigineusement du jour au lendemain.

De fait les deux points fondamentaux d'une monnaie sont :

  1. 1. Un élément (pièce, billet, lingot d'or…) auquel nous avons convenu d'attribuer une certaine valeur.
  2. 2. Un tiers de confiance qui est le garant de la validité de cet élément d'échange.

Le tiers de confiance a du plomb dans l'aile


PIRO4D de Pixabay

Traditionnellement, le tiers de confiance a été les banques.

Seulement voilà...

Est-ce que vous leur accordez réellement une pleine confiance ?

L'histoire récente abonde d'exemples de banques qui ont peu à peu fait évoluer leur rôle de garant de la monnaie pour devenir des spéculateurs à grande échelle, au risque de perdre des sommes colossales si la manœuvre n'avait pas été bien calculée.

Fondamentalement, le Bitcoin est né du désir de placer la confiance ailleurs que dans les banques. Avec le bitcoin, on pourrait dire que ce tiers de confiance n'est plus nécessaire, ou bien qu'il s'agit de nous-mêmes ! La communauté des utilisateurs d'une monnaie devient le garant de cette monnaie.

Les explications suivent...

Une monnaie indépendante des banques, comment serait-ce possible ?

Les clés de cette nouvelle monnaie ont été exposées dès la fin 2008 sur un forum dédiée à la cryptographie, par le mystérieux Satoshi Nakamoto (voir la page L'histoire du Bitcoin si vous souhaitez en savoir plus).

Nakamoto y exposait les tenants et aboutissants d'une monnaie qui ne reposerait pas sur une banque centrale mais sur un réseau d'ordinateurs connectés entre eux.

Ce qui est frappant, avec le recul, c'est à quel point Nakamoto a su prendre en compte dès le départ les divers facteurs d'une monnaie indépendante. Il a pris en compte dans le détail, les principaux problèmes que ce domaine pourrait rencontrer.

Il n'a failli que sur un point que nous verrons plus loin (le minage), car il n'avait pas prévu que cette opération de création de la monnaie pourrait avoir un coût écologique aussi démentiel. Bon, qu'on se le dise : des solutions sont en train d'être apportées au problème, tout au moins pour certaines crypto-monnaies plus récentes.

Les éléments clés du Bitcoin

Nakamoto a défini un modèle de monnaie :


Cette monnaie, le Bitcoin, repose sur certains principes de base, que l'on a retrouvé dans les crypto-monnaies qui ont suivi :

  • Un logiciel libre, Open Source, accessible à tous et que d'autres peuvent utiliser comme base pour la création d'autres monnaies,
  • Une signature cryptographique qui rend chaque transaction unique et infalsifiable,
  • Une technologie révolutionnaire reposant sur un registre des transactions (appelé la blockchain). En vertu de ce modèle, chaque opération jamais effectuée depuis les débuts du Bitcoin est enregistrée à jamais dans la blockchain et celle-ci est infalsifiable. L'intégrité des transactions est assurée par divers facteurs ; une chronologie immuable de chaque événement intervenu depuis le tout premier achat en Bitcoin, des copies de la blockchain à foison un peu partout sur la planète…
  • Une validation de chaque transaction prenant en compte l'identifiant crypté de chaque intervenant mais aussi une 'preuve de travail' issue d'un calcul ultra-complexe. Cette preuve de travail permet à chacun de vérifier que la transaction est valide. Il est à noter que cette 'preuve de travail' est le talon d'Achille des blockchains de 1ère génération et que la tendance est de la remplacer par des systèmes plus souples tels que la "preuve d'enjeu" (voir plus bas).
  • Un système de production de la monnaie par des 'mineurs' qui assurent la validation de ces transactions et qui, sur la foi de leur 'preuve de travail' sont régulièrement récompensés par des Bitcoins.
  • Une production limitée

    Dès le départ, Sakamoto a limité la production de Bitcoins sur le long terme à 21 millions d'unités.

    Il lui a ainsi conféré un statut comparable à celui d'un métal précieux tel que l'or, plutôt qu'une monnaie comme l'euro. De fait, son cours évolue en fonction de l'offre et de la demande, comme dans le cas de l'or ou du platine.


    L'émission des Bitcoins a suivi une progression précise : une émission rapide au tout début afin de favoriser les premiers entrants et qui se ralentit peu à peu.

    Début mai 2021, on dénombrait 18,69 millions de Bitcoin en circulation sur le marché mondial.

    Cela signifie qu'il restait, toujours en mai 2021, un peu plus de 2,3 millions de Bitcoins à émettre. Cette production des derniers Bitcoins va s'opérer jusqu'à l'année 2 141.

    En 2024, 93,75 % de la totalité des Bitcoins auront été émis, soit près de 20 millions. Il faudra plus d'un siècle pour que soient émis le dernier million de Bitcoins.


    Comment se passe cette création de monnaie ? Par le minage, qui implique un calcul très complexe. Le Bitcoin repose sur un 'protocole', soit une séquence de code qui sert à la fois à vérifier la validité d'une transaction et à produire la génération de nouvelles 'pièces'.

    Le système a été conçu ainsi : de nouveaux Bitcoin sont créés toutes les 10 minutes environ. Les mineurs, dans la mesure où ils mettent à contribution leurs ordinateurs pour vérifier la validité des transactions sont régulièrement récompensés par l'octroi de ces nouveaux Bitcoins (voir Mineur / minage).

  • Tous les 4 ans environ, le nombre de Bitcoins émis toutes les 10 minutes est divisé par deux.
  • En 2009, 50 nouveaux Bitcoins étaient créés toutes les 10 mn.
  • Début 2013, seuls 25 nouveaux Bitcoins étaient émis toutes les 10 mn.
  • A la mi 2016, ce nombre était tombé à 12,5 nouveaux Bitcoins toutes les 10 mn.
  • etc.
  • Une progression monumentale bien que chaotique

    shutup

    Dire que le Bitcoin a été un succès est peu dire. Alors qu'un l'achat d'un bitcoin ne représentait que quelques centimes d'euros en janvier 2009, ce même Bitcoin valait près de 6 500 euros début juin 2018 - alors qu'il venait de subir une grosse chute au cours des journées précédentes ! En mars 2021, il a dépassé les 60 000 euros !

    Pas mal pour une monnaie longtemps décriée et que le président de JP Morgan avait cru bon de qualifier en septembre 2017 comme :

    "une escroquerie qui ne tardera pas à imploser.

    Que de clairvoyance !

    Une histoire mouvementée


    logo mtgox

    Pourtant, l'histoire du Bitcoin a parfois été épique. Ainsi dans le livre, nous vous racontons comment le Bitcoin est initalement devenue la monnaie fétiche du Darknet, au risque de ternir sa réputation et bien d'autres histoires savoureuses.

    Avant tout, certains épisodes ont pu donner à croire que certains des principes énoncés plus haut n'étaient pas assurés.

    Il se trouve que l'on peut tout à fait déléguer la gestion de cette crypto-monnaie à ces fameux exchanges, soit des sociétés externes, et que certaines d'entre elles ont pu avoir leurs propres failles. Et donc, des programmeurs zélés sont donc parvenus à dérober une partie des avoirs en Bitcoins que ces plates-formes détenaient -.

    De tels cas sont demeurés isolés et de nos jours, des plate-formes comme Coinbase, Binance, Kraken ou FTX semblent à l'abri de tout soupçons.

    Au pire, si l'on dispose sur son ordinateur d'un vaste espace disque (près de 400 Go à la mi 2021), on peut tout à faire gérer le logiciel de gestion de ses Bitcoins soi-même et donc, sans aucun risque potentiel. Il reste que cet espace dédié à la blockchain du Bitcoin ne cesse de grossir et que le Téra-octet est à l'horizon d'ici quelques années... Tel est le problème lié au minage que nous avons évoqué plus haut et sur lequel nous reviendrons.

    Le meilleur investissement des 10 dernières années


    Si le Bitcoin a fini par attirer l'attention des grands médias à partir de 2017, c'est en raison de la montée spectaculaire qu'a connu son cours.

    Ainsi, en 2013, un Bitcoin valait environ 10 euros.

    Quatre ans plus tard, il fallait débourser entre 3 et 4 000 euros pour acquérir le même Bitcoin.

    En 2021, ce cours se situe aux alentours des 40 000 euros.

    Et quand bien même cette monnaie connaît parfois des hauts et des bas, sur le long terme, sa montée continue d'être spectaculaire...

    Blockchain

    Les experts de l'informatique sont unanimes sur ce point : la blockchain est une révolution majeure. C'est le facteur le plus innovant du Bitcoin et des autres crypto-monnaires. Il est courant de dire qu'il s'agirait d'une avancée comparable à celle du Web !

    Pour faire simple, le Bitcoin ou l'Ethereum et autres crypto-monnaies reposent sur la technologie de la blockchain. Toutefois, cette technologie peut tout à fait servir à d'autres usages que la monnaie.

    En d'autres termes, la blockchain en tant que technologie a déjà changé la façon de gérer l'argent mais son champ d'application dépasse largement celui du Bitcoin et autres crypto-monnaies.

    Etant donné que la fonction essentielle d'une blockchain est de garantir qu'une transaction est valide, sans nécessiter de tiers de confiance, des applications se développent dans toutes sortes de domaines nécessitant une sécurité du plus haut niveau :


    L'équivalent d'un registre comptable

    Comme la présente page concerne les crypto-monnaies, nous allons parler de la blockchain avant tout dans ce contexte. Il s'agit de l'équivalent d'un registre comptable, mais dont l'échelle est démesurée. Ainsi, on trouve dans la blockchain du Bitcoin toutes les transactions effectuées depuis le tout début de cette monnaie.

    Le nom blockchain (littéralement : chaîne de blocs) reflète d'ailleurs bien sa nature. Il s'agit d'un registre de transactions classées chronologiquement. D'autres la comparent à une base de données.

    Chaque bloc est une transaction monétaire :


    Blockchain by archy13

    Chacun de ces blocs est relié au précédent comme au suivant et l'ensemble forme une chaîne chaque jour plus titanesque - tout au moins sur les blockchains classiques fondées sur le principe de celle du Bitcoin.

    De fait, avec les outils appropriés, vous pourriez consulter toutes les transactions effectuées en Bitcoin jusqu'à ce jour.

    Ainsi, si cet après-midi, vous achetez un smartphone en payant avec des bitcoins, cette transaction va être indiquée dans la blockchain, à la suite de toutes celles effectuées jusqu'alors.


    Les "mineurs" valident chaque nouveau bloc


    Quand un bloc est ajouté au répertoire, il commence à avoir cours légal dans la communauté dès lors que la majorité des 'mineurs' (voir ce terme plus bas) ont reconnu ce bloc comme le plus long jamais produit et validé ainsi son authenticité.

    La blockchain a notamment pour atout de garantir qu'une transaction est sûre. En effet, si quelqu'un voulait la 'hacker' afin de détourner l'argent échangé, il lui faudrait en réalité pirater la grande majorité ou même la totalité des ordinateurs qui la gèrent, ce qui est rarement envisageable.

    Autre point majeur : tout ce qui est inscrit dans une blockchain ne peut plus jamais être supprimé. Personne ne sera jamais en mesure de modifier cette base de données, et le fait qu'elle soit démultipliée en assure cette intégrité.

    La blockchain a été l'élément clé du Bitcoin mais on retrouve son principe dans toutes les crypto-monnaies qui ont suivi.


    Un désastre écologique ?

    Namecoin Cat Walk

    Si le principe de la blockchain est révolutionnaire, il pêche à un niveau. Plus les années passent, plus la chaîne s'agrandit et plus le calcul de validation devient complexe. Ainsi, alors qu'il fallait quelques secondes pour calculer les premières blockchain liées au Bitcoin, ce temps s'est allongé pour devenir des minutes, des heures, et même plusieurs jours lorsque les transactions ont commencé à se multiplier en 2017.

    Or, le nombre de transactions qui peuvent être gérées par le réseau à un moment donné est limité - cette situation devrait évoluer à terme.

    Aux tous débuts du Bitcoin, il était entendu qu'une transaction pouvait s'opérer en quelques secondes. Or, avec l'augmentation de taille de cette blockchain et la multiplication des transactions, les délais se sont très fortement allongés, se comptant parfois en heures ou jours. En 2016, sa taille était déjà de 80 Go. Ainsi, en octobre 2017, il fallait 137 Go pour stocker la blockchain du Bitcoin. Et comme nous l'avons vu plus haut, elle est aux alentours de 400 Go en 2021.

    Cette taille engendre des calculs titanesques et il en résulte que le Bitcoin est un immense consommateur d'énergie électrique.

    Cette situation a engendré l'apparition de monnaies dérivées, appelées selon l'ampleur de l'évolution 'soft fork' (évolution douce) ou 'hard fork' (évolution dure) tentant de proposer des solutions à ce problème.

    Ainsi, durant l'été 2017, le Bitcoin a connu deux forks, dont l'un a donné naissance au Bitcoin Cash.


    Tezos

    De nombreuses crypto-monnaies apparues plus récemment telles que Tezos, Iota ou Mina, reposent sur des blockchains beaucoup plus économes en taille et donc en énergie.

    Ces cryptomonnaies de nouvelle génération ne reposent plus sur le système de "preuve de travail" mais sur une "preuve d'enjeu", un algorithme beaucoup plus souple reposant sur un consensus établi autour de plusieurs intervenants du réseau jugés dignes de confiance.

    Mineurs / Minage

    Jusqu'à présent, c'est une Banque Centrale liée au gouvernement d'un pays ou d'un continent qui avait le pouvoir de 'battre monnaie'. La grande révolution liée au Bitcoin, c'est que c'est désormais une communauté d'individus qui détient ce pouvoir.



    Un ‘set up’ qui mine du LiteCoin sur un ordinateur Raspberry PI muni de 8 clés USB (des ASICs, des sortes de processeurs arithmétiques).

    Nous pourrions dire, pour faire simple, qu'un 'mineur' de Bitcoin 'loue' le temps de calcul de son ordinateur au réseau global.

    Ainsi, chaque fois qu'une transaction est effectuée et donc qu'un bloc doit être ajouté à la chaîne (blockchain), il faut opérer un calcul extrêmement complexe lié à l'algorithme propre à cette monnaie.


    Preuve de travail

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    De tous les ordinateurs connectés, le premier à résoudre le problème est le plus à même de recevoir un ou plusieurs Bitcoin en récompense. Il le reçoit en vertu de ce que l'on appelle une 'preuve de travail'. Ce mécanisme est expliqué en détail dans le chapitre 3 du livre Bitcoin & cryptomonnaies pour les Nuls

    Comme il se peut que plusieurs mineurs trouvent la solution du problème au même moment, c'est l'algorithme du Bitcoin - ou des monnaies qui ont suivi - qui détermine qui va bénéficier de ces nouveaux Bitcoins selon un système aléatoire.

    Pour déterminer lequel des mineurs ayant résolu l'équation va recevoir les nouveaux Bitcoins, l'algorithme est influencé par des facteurs tels que :

    Le système est ainsi fait que, une fois le résultat trouvé, il très facile à d'autres ordinateurs de vérifier que ce résultat est correct.

    Une fois le contrôle accompli, le résultat - soit la blockchain mise à jour - est enregistrée sur tous les ordinateurs du réseau.

    En réalité, le mineur qui a été sélectionné de manière aléatoire est rémunéré de deux façons :


    Taylor Vick on Unsplash

    Aux débuts du Bitcoin, un simple PC suffisait à résoudre le problème mathématique lié aux blockchains.

    Il suffisait de disposer d'un PC particulièrement puissant, avec notamment une bonne carte graphique car celles-ci sont pourvues d'unités de calcul très performantes. Il fallait ensuite connecter cet ordinateur à Internet et faire tourner un logiciel jour et nuit, ce logiciel participant à la validation et à la sécurisation des transactions du réseau Bitcoin. Tout se faisait de manière automatique. En contre-partie, vous étiez rémunéré en Bitcoin.

    Seulement voilà, si ce qui vient d'être dit était vrai aux alentours de 2010 lorsque le Bitcoin a été lancé, ça ne l'est plus aujourd'hui. De nos jours, il faut mettre à contribution des parcs de serveurs ultra coûteux pour espérer 'miner' des Bitcoin.


    De nos jours, seuls des entreprises gérant ce que l'on appelle des 'fermes de serveurs' peuvent prétendre participer au minage de Bitcoins. Il existe notamment en Chine et en Russie mais aussi en Bulgarie, du fait que l'électricité y est bon marché ou encore en Islande, pour la même raison et aussi parce que la température ambiante facilite le refroidissement des machines. On estime qu'il est nécessaire d'investir plusieurs millions d'euros pour mettre en place de tels serveurs.

    Le même principe s'applique à l'Ethereum et à certaines de crypto-monnaies qui ont suivi. L'avantage pour les monnaies plus récentes, c'est qu'à nouveau, un simple PC (mais haut de gamme) peut être utilisé pour le minage.

    Toutefois, quelle que soit la crypto-monnaie, plus le temps passe et la durée de production d'une nouvelle " pièce " s'allonge. Déjà au début de l'année 2018, avec un ordinateur ultra haut de gamme, il fallait plus d'un mois pour produire un Ethereum. C'est la raison pour laquelle, si l'on souhaite devenir 'mineur', il est préférable de s'intéresser à de nouvelles crypto-monnaies, tout juste apparues.

    Preuve d'enjeu


    mineur

    De plus, comme nous l'avons vu plus haut, les nouvelles blockchain reposent sur un mécanisme de validation plus souple appelé la "preuve d'enjeu" (de l'anglais : proof of stake).

    Avec la "preuve d'enjeu", le système choisit certains intervenants précis qui doivent être connectés en permanence et qui ont la charge de valider les transactions et créer de nouveaux blocs. Cette technologie ne nécessite pas de faire intervenir des machines puissantes, et se montre donc bien plus respectueuse de l'environnement.

    Smart contract

    Smart contract signifie : contrat intelligent.

    L'apparition des 'smarts contracts' a été la première évolution majeure des crypto-monnaies. La première monnaie à exploiter ce concept a été l'Ethereum.


    Le créateur du concept, Vitalik Buterin, est parti d'un constat.

    Le Bitcoin, dans sa forme originelle, ne permet pas d'exécuter un code informatique.

    En d'autres termes, il ne permet pas de faire en sorte qu'une transaction puisse être automatisée selon certaines conditions....

    Telle est la situation que Vitalik Buterin a résolu en créant, avec l'Ethereum, le principe des smart contracts et donc de monnaies programmables.


    Une monnaie programmable, comment ça marche ?

    La blockchain définie par le Bitcoin ne permettait pas de réaliser une telle programmation d'actions et c'est donc, ce qui a été résolu avec l'arrivée de crypto-monnaies intégrant les 'smart contracts'.

    Les 'smart contracts' rendent possible la programmation de transactions liées à des conditions. Ils peuvent mettre en relation de nombreuses personnes, entreprises ou organismes.

    Quelques exemples :


    De fait, les smart contracts sont en mesure à terme de rendre caduques un grand nombre de tâches administratives réputées comme rébarbatives car impliquant de réunir de nombreux documents, de les envoyer à un organisme, d'attendre qu'ils soient vérifiés, d'avoir éventuellement à renvoyer certaines pièces… De plus, ils devraient permettre d'éliminer les risques liés à l'erreur humaine, comme une case incorrectement cochée. Ainsi, Cap Gemini a estimé qu'il serait possible d'économiser 17,5 milliards d'euros par an dans le domaine de l'assurance automobile grâce aux smart contracts.

    Le potentiel des smart contrats est immense lorsque nous prenons en compte l'Internet des objets (objets connectés intelligents). Ainsi, on pourrait déterminer que, dès lors que le thermomètre descend au-dessous d'un certain seuil, la livraison de fuel doit être déclenchée automatiquement.

    L'apparition des smart contracts a été une étape clé dans l'histoire des crypto-monnaies et certains estiment que ce concept serait aussi important que celui du Bitcoin.

    Ethereum

    L'Ethereum a constitué la première évolution majeure en matière de crypto-monnaie.

    Il est ainsi considéré que, par rapport au Bitcoin (1ère génération), l'Ethereum et les monnaies basées sur lui ont constitué la 2ème génération.

    Le créateur de l'Ethereum s'appelle Vitalik Buterin et il a été salué par de nombreux magazines financiers comme l'une des personnalités majeures de notre époque. L'intéressé est très jeune : il est né le 31 janvier 1994 en Russie et ses parents ont émigré au Canada six ans plus tard.

    Vitalik Buterin s'est intéressé au Bitcoin dès 2011, et donc, alors qu'il n'avait que 17 ans. Particulièrement doué en mathématiques, il a lancé le premier magazine papier dédié à cette nouvelle monnaie, Bitcoin Mag. Il y a publié de nombreux articles faisant état de ses réflexions sur le domaine - intervenant également sur divers forums du Net.

    Or, dès 2013, Vitalik Buterin a exposé ce qui selon lui était la limite du Bitcoin, soit l'impossibilité de gérer certaines transactions de manière automatique, selon certaines conditions. De là est née la volonté de créer une sorte de bitcoin programmable : l'Ethereum.


    Aidé par un autre technicien, Nick Szabo, Vitalik Buterin a donc développé le concept des 'smart contracts' . L'idée : lier une crypto-monnaie à un code correspondant à un contrat intelligent, avec des clauses qui seront exécutées automatiquement selon certaines conditions.

    Afin de financer ses recherches sur le sujet, Buterin a lancé l'équivalent d'un crowdfunding dans la crypto-monnaie, soit une ICO (Initial Coin Offering - proposition d'une nouvelle monnaie) ou levée de fonds spécifique à ce domaine, la première du genre, en janvier 2014. Cette vente lui a permis de récupérer 31 591 bitcoins, soit environ 18 millions de dollars d'alors - et de vendre ainsi pour 60 millions d'Ether.

    Le 30 juillet 2015, l'Ethereum a officiellement été mis en ligne, avec mise en vente de 11,5 millions d'Ethers.

    L'Ethereum a connu une progression spectaculaire en 2017, passant de 9,76 $ pour un Ether à 407,10 $ soit une augmentation de 5 000 % avec toutefois de nombreuses fluctuations. En mai 2021, un Ether vaut un peu plus de 2 700 euros.

    Crypto-monnaie

    Une crypto-monnaie est une monnaie fondée sur la blockchain de l'Ethereum et constituant, comme cette monnaie, un moyen de paiement alternatif à l'euro, au dollar, au mark et autres monnaies officielles.

    Il existe quelques cryptomonnaies opérant sur une autre base, mals l'immense majorité sont fondées sur les smart contracts de l'Ethereum.

    En théorie, il suffirait de partir du logiciel libre correspondant à Bitcoin et de le modifier, pour créer une nouvelle crypto-monnaie. Dans la pratique, c'est l'Ethereum, qui a donné naissance à l'essor des crypto-monnaies, grâce au système des smart contracts.

    Début 2021, on recensait plus de 4 000 crypto-monnaies et il en apparaissait 1 nouvelle chaque jour. La liste, régulièrement mise à jour, est accessible à cette adresse : coinmarketcap.com





    Les crypto-monnaies les plus cotées à la mi 2021 sont les suivantes :

    La différence avec une monnaie classique

    ripple
    polkadot
    tether
    litecoin

    Pour mieux comprendre ce qu'est une crypto-monnaie, posons-nous la question de base : quelle est la différence entre une monnaie telle que le Bitcoin ou l'Ethereum et l'euro, le dollar ou le yen ?

    La première différence, c'est qu'il n'existe pas de banque centrale telle que la Banque de France ou la Réserve Fédérale américaine, chargée d'en être à la fois l'émetteur et le garant.

    Et oui.. Il n'existe pas dans le monde physique d'institution officielle et régi par des lois au niveau national ou continental, se portant garante de votre avoir en crypto-monnaie. Si tel est le cas, qu'est-ce qui permet de certifier que votre portefeuille en Bitcoin ou en Ethereum correspond à une valeur réelle, et donc que vous puissiez l'utiliser pour acheter un écran plat, réserver une chambre d'hôtel ou acheter un jeu vidéo en ligne ?

    Cette confiance peut être apportée à un grand nombre des crypto-monnaies citées plus haut, mais pour certaines d'entre elles, il est plus difficile de savoir de quoi il en retourne au juste.

    Les crypto-monnaies basées sur l'Ethereum sont davantage que de simples moyens de paiement et permettent le développement d'applications.

    Une monnaie reposant sur un cryptage


    Pourquoi le terme 'crypto' ? Parce que chaque transaction est agrémentée d'une signature cryptographique. Nous avons là un système de codage ultra complexe.

    Le Bitcoin, tout comme les autres crypto-monnaies repose sur un type de cryptage qui prend en compte des 'clés privées' identifiant individuellement chaque personne impliquée.

    Dès lors que vous disposez d'un portefeuille en Bitcoin ou autre crypto-monnaie, une clé privée vous est ainsi attribuée - elle est cryptée et donc secrète. Il s'agit d'un chiffre unique et extrêmement long : il s'étend sur 256 bits. Le livre vous en apprend davantage sur la question mais un fait demeure : c'est une clé qu'il est impossible de 'dérober'.

    On estime que, si un ordinateur était en mesure de traiter 1012 clés privées par seconde, il lui faudrait un million de fois l'âge de l'univers pour les dénombrer toutes.

    Et la simple énumération de ces clés consommerait davantage que l'énergie totale produite par le soleil durant 32 ans !

    Clé publique et clé privée

  • La clé privée demeure secrète et vous identifie de façon unique. Si l'on prend la comparaison d'une boîte aux lettres, cette clé est celle qui vous permet d'ouvrir ladite boîte aux lettres.
  • Une clé publique est calculée à partir de la clé privée. Elle est publique car elle peut être envoyée sur le réseau. Si l'on reprend l'analogie de la boîte aux lettres, elle permet de placer des lettres dans une boîte. Retrouver la clé privée à partir de la clé publique est d'une complexité telle que l'opération est impossible.
  • Pour prendre un exemple simple, prenons une division telle que 15 / 2 = 7 avec un reste de 0,5 . Imaginons que 15 soit la clé privée et 0,5 la clé publique. Comment pourriez vous retrouver 15 à partir de 0,5 ? N'importe quelle division d'un chiffre impair par 2 va donner 0,5 !

    Ce n'est pas aussi simple que cela mais cela vous donne une idée du pourquoi, à partir d'une clé publique, il est extrêmement difficile de retrouver la clé privée.

    Lorsqu'une somme d'argent en Bitcoin est effectuée entre Paul et Janis, c'est la clé publique de Paul qui est utilisée. Toutefois, Janis ne peut récupérer la somme que grâce à sa clé privée.

    Supposons que vous envoyez l'équivalent de 100 euros en BNB (la monnaie de Binance) à Janis. Si un hacker parvenait à intercepter cette transaction, il ne pourrait pas récupérer les tokens (jetons) BNB correspondants. En effet, s'il voulait changer l'identité du destinataire - en gros, remplacer la clé privée de Janis par la sienne - la transaction serait invalidée. Donc, impossible de dérober des fonds.

    L'une des raisons pour lesquelles il est impossible de retrouver une clé privée vient de ce qu'il s'agit d'un chiffre extrêmement long et donc, qui occasionne un calcul d'une complexité inouie.

    Notons que c'est ce système de cryptographie dite 'asymétrique' qui est à l'oeuvre lorsque vous envoyez de l'argent à un site de e-commerce comme fnac.com ou autre.

    Il existe des crypto-monnaies dédiées à un seul usage. Ainsi, Burger King a lancé le WhooperCoin, d'abord en Russie. Pour chaque rouble dépensé, un WhooperCoin est offert au consommateur. Une fois qu'il a accumulé 1 700 WhooperCoins, l'amateur de burgers peut les échanger contre un Whooper !

    Exchange / Place de marché



    coinbase

    Un exchange est une plateforme depuis laquelle on peut :

    Les principaux exchanges sont Coinbase, Kraken, Binance, et FTX.

    En France, on utilise parfois le terme "échange" ou le terme "place de marché".


    Lorsqu'un individu démarre dans la cryptomonnaie, sa première question est souvent la suivante :

    Mais comment dois-je faire pour acheter des Bitcoins, de l'Ethereum, du Cardano ?... "

    C'est à cette fin que son apparu des " exchanges " ou places de marché. Ainsi, sur Coinbase ou Binance, une fois que l'on s'est identifié, il est extrêmement aisé d'acheter des Bitcoins depuis son compte bancaire ou sa carte de crédit. Inversement, si un jour on souhaite transformer ses Bitcoins ou Ethereums en euros, le chemin de retour est tout aussi aisé.

    Dans cette mesure, les exchanges représentent le lien entre l'univers de la cryptomonnaie et le monde de la finance traditionnel.

    Toutefois, un grand nombre de plate-formes et notamment Binance, sont avant tout utilisées pour échanger des cryptomonnaies entre elles afin d'investir dans celles qui paraissent les plus prometteuses.


    Uniswap

    Il existe aussi des exchanges "décentralisés" tels que Uniswap ou Metamask. Ces exchanges servent uniquement à échanger des cryptomonnaies entre elles. Ils sont " décentralisés " ce qui signifie qu'ils fonctionnent entièrement à base de smart contracts - ils ne sont pas liés à une société particulière. Pour plus d'explication sur la finance décentralisée, voir l'entrée "DeFi" plus bas dans cette page.

    Les exchanges décentralisés ont des frais d'opérations bien moindres que les exchanges classiques que sont Coinbase, Binance, ou Kraken.

    DeFI ou Finance Décentralisée


    DeFI

    DeFI est l'abréviation de l'anglais Decentralized Finance (Finance Décentralisée).

    L'objectif de la DEFI est d'accélérer les processus de la finance traditionnelle, en supprimant au maximum les intermédiaires, ce qui réduit drastiquement les coûts d'opération.

    Si les cryptomonnaies sont une révolution en soi, la DeFI en est une autre. Les perspectives qu'elle ouvre sont tellement vastes que l'on peine à les recenser.

    A long terme, l'intégralité du secteur de la finance sera impactée par cette nouvelle approche des transactions monétaires. A dire vrai, ce nouveau type d'applications pourrait bien faire connaître aux crypto-monnaies son

    Exemples d'applications


    De quoi s'agit-il au juste : d'applications de finances décentralisées. Ces applications sont rendues possibles par les smart contracts de l'Ethereum et monnaies du même type. Les explications suivent.

    Jusqu'à présent, lorsque l'on désire se constituer une épargne, demander un prêt ou acheter une propriété, il est nécessaire d'en passer par une société qui centralise ce type de services : une assurance, une banque, une agence immobilière...

    La DeFI supprime le recours à de telles sociétés. Par exemple,

    La DeFI révolutionne l'univers de la finance

    Grâce à la DeFi, les institutions financières classiques sont appelées à perdre peu à peu leurs privilèges. Bientôt, chacun, disposant d'une connexion Internet et d'un "wallet" (portefeuille) devrait être en mesure de payer et recevoir de l'argent sans subir de commissions exorbitantes des institutions financières. Et que dire de la perspective de pouvoir emprunter sans passer sous les fourches caudines des comités de crédit des grandes banques ?

    Certes, la DeFI est encore loin d'offrir des services aussi étendus que les banques. A titre d'exemple, les emprunts en mode DeFI s'étendent au maximum sur quelques mois, pas plus. Et ils nécessitent, comme garantie, d'immobiliser des "crypto-actifs", soit des sommes d'argent que l'on a pu acquérir en Bitcoin, Ethereum ou autre crypto-monnaie. Comprenons le cependant : ce domaine d'activité est encore jeune.


    Les premiers fonds d'investissement basés sur des smart contracts en Ethereum permettent d'investir sur les crypto monnaies ou des actions d'entreprises sans qu'il soit nécessaire d'acheter lesdites actions ou de payer des commissions à des brokers.

    Les DEX ou marchés décentralisés permettent d'échanger toutes sortes d'actifs sans intermédiaire. Ils sont en mesure de rendre obsolètes les bourses mais aussi demain, les notaires ou les sociétés de gestion de droits collectifs.

    NFTs


    Marie Lou mis en vente sur OpenSea
    Un exemple de NFT posté par l'auteur de cette page sur le site OpenSea. Vous pouvez le voir à cette adresse : NFT de Hello Marie Lou

    NFT est l'abréviation de Non Fongible Token.

    Dans l'univers financiers, la plupart des monnaies sont " fongibles ", ce qui signifie " échangeable ". Un euro peut être échangé contre des dollars, des yens…

    Un élément NFT pour sa part est totalement unique. Il représente une pièce unique, tout comme La Joconde ou la Vénus de Milo.

    Jusqu'à l'apparition de la blockchain, le propre d'Internet et du numérique a été que tout était dupliquable de façon illimitée. Et cela a posé bien des problèmes aux éditeurs de logiciels comme aux créateurs de musique : une œuvre de Madonna comme une copie du logiciel Photoshop pouvant théoriquement être répliquée à l'infini : ce ne sont jamais que des suites de 0 et 1.

    Rappelons que la blockchain est le premier système qui permet de rendre un objet numérique unique. Unique car associé à un code infalsifiable et horodaté de façon précise.

    Marie Lou sur NFT Catalog
    La promotion du NFT présenté plus haut sur NFT Catalog.

    De ce fait, les artistes du numériques sont devenus les grands bénéficiaires des NFTs car ils peuvent prétendre à ce qu'une oeuvre à laquelle a été associée une blockchain soit considérée comme totalement unique, ce qui lui apporte une valeur potentiellement comparable à celle d'une oeuvre d'art unique comme Le Radeau de la Méduse.

    Pour en savoir plus

    Pour mieux comprendre comment le Bitcoin a vu le jour, consultez ce chapitre :

    L'histoire du Bitcoin

    Vous avez des questions sur les cryptomonnaies ?

    Vous avez des questions sur le Bitcoin, les NFTs, la blockain, la DeFI ou les crypto en général ? Posez-moi vos questions et je me ferais un plaisir d'y répondre.

    Vraiment, n'hésitez pas car c'est toujours un plaisir de pouvoir échanger sur ce domaine fascinant.

    L'adresse pour m'écrire se trouve sur cette page :

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    Qui est l'auteur ?


    Ecrivain et journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies et la musique, Daniel Ichbiah a été deux fois n°1 du Classement Général des livres.
    Avec : N°3 avec Michael Jackson, Black or White

    Pour rappel, le livre "Bitcoin & cryptomonnaies pour les Nuls" a été co-écrit avec Jean-Martial Lefranc.

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