Comprendre le Bitcoin

Le Bitcoin et les cryptomonnaies pour les Nuls

Daniel Ichbiah & Jean Martial Lefranc. First (2018)

Comprendre le Bitcoin - Le Bitcoin et les cryptomonnaies pour les Nuls

Bitcoin et crypto-monnaies

Les 9 termes essentiels à comprendre
Comment est né le bitcoin ?
Les principales crypto-monnaies
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Les 9 termes essentiels du domaine

Si vous ne deviez lire qu'une partie de cette page, assurez-vous de lire celle-ci.

Bitcoin

Les 9 termes essentiels sont les suivants :

Bitcoin

Blockchain Mineur / minage

Smart Contracts     Ethereum

Crypto-monnaie

Lightning Network        EOS        IOTA

 

Extrait du livre 'Le Bitcoin & les crypto-monnaies pour les Nuls'

Bitcoin

La première crypto-monnaie apparue, et ce, dès janvier 2009.

Bitcoin

Les deux points fondamentaux d'une monnaie sont :

  1. 1. Un élément (pièce, billet, lingot d'or…) auquel nous avons convenu d'attribuer une certaine valeur.
  2. 2. Un tiers de confiance qui est le garant de la validité de cet élément d'échange.

Traditionnellement, le tiers de confiance a été les banques.

Seulement voilà...

Est-ce que vous leur accordez réellement une pleine confiance ?

L'histoire récente abonde d'exemples de banques qui ont peu à peu fait évoluer leur rôle de garant de la monnaie pour devenir des spéculateurs à grande échelle, au risque de perdre des sommes colossales si la manœuvre n'avait pas été bien calculée.

Fondamentalement, le Bitcoin est né du désir de placer la confiance ailleurs que dans les banques. Avec le bitcoin, on pourrait dire que ce tiers de confiance n'est plus nécessaire, ou bien qu'il s'agit de nous-mêmes ! La communauté des utilisateurs d'une monnaie devient le garant de cette monnaie.

Les explications suivent...

Les clés de cette nouvelle monnaie ont été exposées dès la fin 2008 sur un forum dédiée à la cryptographie, par le mystérieux Satoshi Nakamoto (voir Comment est né le bitcoin ? sur cette même page).

Nakamoto y exposait les tenants et aboutissants d'une monnaie qui ne reposerait pas sur une banque centrale mais sur un réseau d'ordinateurs connectés entre eux.

Ce qui est frappant, avec le recul, c'est à quel point Nakamoto a su prendre en compte dès le départ l'intégralité des facteurs d'une monnaie indépendante, et a pris en compte dans le détail, les principaux problèmes que ce domaine pourrait rencontrer.

De fait, il a défini un modèle de monnaie :

  • sécurisé (il est impossible de falsifier une transaction),
  • à même de garantir l'anonymat,
  • et divers algorithmes pour qu'il soit possible de réguler à tout moment l'émission de la monnaie, et aussi sur le long terme, ses fluctuations.
  • Cette monnaie, le Bitcoin, repose sur certains principes de base, que l'on a retrouvé dans les crypto-monnaies qui ont suivi :

  • Un logiciel libre, Open Source, accessible à tous et que d'autres peuvent utiliser comme base pour la création d'autres monnaies,
  • Une signature cryptographique qui rend chaque transaction unique et infalsifiable,
  • Une technologie révolutionnaire reposant sur un registre des transactions (appelé la blockchain). En vertu de ce modèle, chaque opération jamais effectuée depuis les débuts du Bitcoin est enregistrée à jamais dans la blockchain et celle-ci est infalsifiable. L'intégrité des transactions est assurée par divers facteurs ; une chronologie immuable de chaque événement intervenu depuis le tout premier achat en Bitcoin, des copies de la blockchain à foison un peu partout sur la planète…
  • Une validation de chaque transaction prenant en compte l'identifiant crypté de chaque intervenant mais aussi une 'preuve de travail' issue d'un calcul ultra-complexe. Cette preuve de travail permet à chacun de vérifier que la transaction est valide.
  • Un système de production de la monnaie par des 'mineurs' qui assurent la validation de ces transactions et qui, sur la foi de leur 'preuve de travail' sont régulièrement récompensés par des Bitcoins.
  • Une production limitée

    Dès le départ, Sakamoto a limité la production de Bitcoins sur le long terme à 21 millions d'unités.

    Il lui a ainsi conféré un statut comparable à celui d'un métal précieux tel que l'or, plutôt qu'une monnaie comme l'euro. De fait, son cours évolue en fonction de l'offre et de la demande, comme dans le cas de l'or ou du platine.

    L'émission des Bitcoins a suivi une progression précise : une émission rapide au tout début afin de favoriser les premiers entrants et qui se ralentit peu à peu.

    A la fin 2017, on dénombrait 16,78 millions de Bitcoin en circulation sur le marché mondial.

    Cela signifie qu'il reste un peu plus de 4 millions de Bitcoins qui seront émis d'ici 2 141 (plus de détails dans l'entrée 'Mineur / minage').

    En 2024, 93,75 % de la totalité des Bitcoins auront été émis, soit près de 20 millions. Il faudra plus d'un siècle pour que soient émis le dernier million de Bitcoins.

    Comment se passe cette création de monnaie ? Le Bitcoin repose sur un 'protocole', soit une séquence de code qui sert à la fois à vérifier la validité d'une transaction et le minage de nouvelles 'pièces'.

    Le système a été conçu ainsi : de nouveaux Bitcoin sont créés toutes les 10 minutes environ. Les mineurs, dans la mesure où ils mettent à contribution leurs ordinateurs pour vérifier la validité des transactions sont régulièrement récompensés par l'octroi de ces nouveaux Bitcoins (voir Mineur / minage).

  • Tous les 4 ans environ, le nombre de Bitcoins émis toutes les 10 minutes est divisé par deux.
  • En 2009, 50 nouveaux Bitcoins étaient créés toutes les 10 mn.
  • Début 2013, seuls 25 nouveaux Bitcoins étaient émis toutes les 10 mn.
  • A la mi 2016, ce nombre était tombé à 12,5 nouveaux Bitcoins toutes les 10 mn.
  • etc.
  • Une progression monumentale bien que chaotique

    Dire que le Bitcoin a été un succès est peu dire. Alors qu'un l'achat d'un bitcoin ne représentait que quelques centimes d'euros en janvier 2009, ce même Bitcoin valait près de 6 500 euros début juin 2018 - alors qu'il venait de subir une grosse chute au cours des journées précédentes !

    Quand au marché mondial à cette même date, il représentait plus de 110 milliards d'euros. Pas mal pour une monnaie longtemps décriée et que le président de JP Morgan avait cru bon de qualifier en septembre 2017 comme une "escroquerie" qui ne tarderait pas à "imploser". Sans commentaires.

    Pourtant, l'histoire du Bitcoin a parfois été épique et certains épisodes ont pu donner à croire que certains des principes énoncés plus haut n'étaient pas assurés.

    Ainsi, quand Mt.Gox, alors la première place de marché de Bitcoin au monde, a fait faillite début 2014, près de 10% de la masse monétaire du Bitcoin a disparu de la circulation. De même, alors que le cours avait atteint un sommet le 7 décembre 2017 (20 000 dollars), il en a entamé une série de chutes suite au piratage de plusieurs plate-formes de trading : Nicehash (décembre 2017), Coincheck puis Bitgrail (janvier 2018), Coinrail (juin 2018).

    Il se trouve que l'on peut tout à fait déléguer la gestion de cette crypto-monnaie à des sociétés externes, si on le souhaite et que certaines d'entre elles peuvent avoir leurs propres failles. Des programmeurs zélés sont donc parvenus à dérober une partie des avoirs en Bitcoins que ces plates-formes détenaient -.

    Si l'on dispose sur son ordinateur d'un vaste espace disque (plus de 130 Go à la fin 2017), on peut tout à faire gérer le logiciel de gestion de ses Bitcoins soi-même et donc, sans aucun risque potentiel.

    Si le Bitcoin a fini par attirer l'attention des grands médias à partir de 2017, c'est en raison de la montée spectaculaire qu'a connu son cours.

    Ainsi, en 2013, un Bitcoin valait environ 10 euros.

    Quatre ans plus tard, il fallait débourser entre 3 et 4 000 euros pour acquérir le même Bitcoin.

    Et quand bien même cette monnaie connaît parfois des hauts et des bas, sur le long terme, sa montée continue d'être spectaculaire...

    evolution de la demande du mot-clé bitcoin

    La demande pour le mot-clé "bitcoin" a fait un bond aux alentours de décembre 2017.

    Comment dois-je faire pour acquérir des Bitcoin ?

    Il existe trois façons d'acquérir des Bitcoin.

    1. La plus simple consiste à acheter des Bitcoin en déboursant des euros, tout comme on va acheter des dollars avant de partir aux USA, ou des livres sterling lorsqu'on doit aller au Royaume-Uni.

    Il existe de nombreux sites Web ou applications sur smartphones ou tablette proposant d'échanger des euros contre des Bitcoin, de l'Ethereum, etc.

    Parmi les sites Web faisant office de "place de marché", citons Coinbase, Kraken, Binance ou Bitrex.

    Comme dans le cas d'une banque traditionnelle, chaque plate-forme qui vous vend des Bitcoins va prendre une commission plus ou moins élevée au passage.

    Si vous habitez à Paris, vous pouvez vous rendre à la Maison du Bitcoin. Venez avec des euros et on vous les changera en Bitcoin, comme dans n'importe quel bureau de change !

    2. Une deuxième façon consiste à demander d'être payé en Bitcoin pour certains de vos services. Ainsi, si vous gérez un site de e-commerce, vous pouvez proposer à vos visiteurs de payer en Bitcoin - en affichant un logo tel que celui que vous apercevez sur la gauche.

    Vous pouvez également proposer à des clients d'une boutique que vous gérez dans le monde réel de vous payer en Bitcoins s'ils le désirent.

    3. La 3è façon consiste à devenir un 'mineur' de cette monnaie.

    En théorie, il suffirait de disposer d'un PC particulièrement puissant, avec notamment une bonne carte graphique car celles-ci sont pourvues d'unités de calcul très performantes. Il vous faut ensuite connecter cet ordinateur à Internet et faire tourner un logiciel jour et nuit qui va permettre à votre ordinateur de participer à la validation et à la sécurisation des transactions du réseau Bitcoin. Tout se fait de manière automatique. En contre-partie, vous êtes rémunéré en Bitcoin.

    Seulement voilà, si ce qui vient d'être dit était vrai aux alentours de 2009 lorsque le Bitcoin a été lancé, ça ne l'est plus aujourd'hui. De nos jours, il faut mettre à contribution des parcs de serveurs ultra coûteux pour espérer 'miner' des Bitcoin. Toutefois, l'opération précitée peut tout à fait être pratiquée avec des crypto-monnaies plus jeunes comme l'Ethereum.

    Mais quelle que soit la crypto-monnaie, plus le temps passe et la durée de production d'une nouvelle " pièce " s'allonge. Déjà au début de l'année 2018, avec un ordinateur ultra haut de gamme, il fallait plus d'un mois pour produire un Ethereum. Et plus les mois passent et plus cette durée s'allonge. C'est la raison pour laquelle, si l'on souhaite devenir 'mineur', il est préférable de s'intéresser à de nouvelles crypto-monnaies, tout juste apparues.

    Où peut-on dépenser ses Bitcoins ?

    De nombreux sites Web offrent la possibilité à leurs visiteurs de payer en Bitcoin. C'est par exemple le cas du site de voyage Expedia, du constructeur de PC Dell, du site de restauration rapide pizza.fr ou encore de l'éditeur de logiciels Microsoft - excusez du peu !

    De nombreuses boutiques du monde réel proposent l'option de payer en Bitcoins. Ainsi, déjà en 2017, si l'on en croit la société immobilière Redin, le Bitcoin a été la monnaie utilisée pour acheter 75 propriétés sur le sol américain.

    A Paris, dans le 2ème arrondissement, les 20 commerçants du Passage du Grand Cerf acceptent les paiement en crypto-monnaies.

    Blockchain

    Blockchain

    Les experts de l'informatique sont unanimes sur ce point : la blockchain est une révolution majeure. C'est le facteur le plus innovant du Bitcoin et des autres crypto-monnaires. Il est courant de dire qu'il s'agirait d'une avancée comparable à celle du Web !

    Pour faire simple, le Bitcoin ou l'Ethereum et autres crypto-monnaies reposent sur la technologie de la blockchain. Toutefois, cette technologie peut tout à fait servir à d'autres usages. En d'autres termes, la blockchain en tant que technologie a déjà changé la façon de gérer l'argent mais son champ d'application dépasse largement celui des crypto-monnaies.

    Etant donné que la fonction essentielle d'une blockchain est de garantir qu'une transaction est valide, sans nécessiter de tiers de confiance, des applications se développent dans toutes sortes de domaines nécessitant une sécurité du plus haut niveau : gestion de stocks, réservation de billets en ligne, comptabilité...

    Comme la présente page concerne les crypto-monnaies, nous allons parler de la blockchain avant tout dans ce contexte. Il s'agit de l'équivalent d'un registre comptable, mais dont l'échelle est démesurée. Ainsi, on trouve dans la blockchain du Bitcoin toutes les transactions effectuées depuis le tout début de cette monnaie.

    Le nom blockchain (littéralement : chaîne de blocs) reflète d'ailleurs bien sa nature. Il s'agit d'un registre de transactions classées chronologiquement. D'autres la comparent à une base de données.

    Chaque bloc est une transaction monétaire : achat d'un film en ligne, vente d'un livre électronique, etc.

    Chacun de ces blocs est relié au précédent comme au suivant et l'ensemble forme une chaîne chaque jour plus titanesque.

    De fait, avec les outils appropriés, vous pourriez consulter toutes les transactions effectuées jusqu'à ce jour. La grande différence avec les monnaies traditionnelles, c'est que chacune de ces transactions est anonyme.

    Ainsi, si cet après-midi, vous achetez un smartphone en payant avec des bitcoins, cette transaction va être indiquée dans la blockchain, à la suite de toutes celles effectuées jusqu'alors.

    Quand un bloc est ajouté au répertoire, il commence à avoir cours légal dans la communauté dès lors que la majorité des 'mineurs' (voir ce terme plus bas) ont reconnu ce bloc comme le plus long jamais produit et validé ainsi son authenticité.

    La blockchain a notamment pour atout de garantir qu'une transaction est sûre. En effet, si quelqu'un voulait la 'hacker' afin de détourner l'argent échangé, il lui faudrait en réalité pirater la grande majorité ou même la totalité des ordinateurs qui la gèrent, ce qui est probablement inenvisageable.

    Autre point majeur : tout ce qui est inscrit dans une blockchain ne peut plus jamais être supprimé. Personne ne sera jamais en mesure de modifier cette base de données, et le fait qu'elle soit démultipliée en assure cette intégrité.

    La blockchain a été l'élément clé du Bitcoin mais on retrouve son principe dans toutes les crypto-monnaies qui ont suivi.

    Si le principe de la blockchain est révolutionnaire, il pêche à un niveau. Plus les années passent, et plus la chaîne s'agrandit et plus le calcul de validation devient complexe. Ainsi, alors qu'il fallait quelques secondes pour calculer les premières blockchain liées au Bitcoin, ce temps s'est allongé pour devenir des minutes, des heures, et même plusieurs jours lorsque les transactions ont commencé à se multiplier en 2017.

    Or, le nombre de transactions qui peuvent être gérées par le réseau à un moment donné est limité - cette situation devrait évoluer à terme. Ainsi durant l'année 2016, le volume était de 2 000 transactions toutes les dix minutes.

    Aux tous débuts du Bitcoin, il était entendu qu'une transaction pouvait s'opérer en quelques secondes. Or, avec l'augmentation de taille de cette blockchain et la multiplication des transactions, les délais se sont très fortement allongés, se comptant parfois en heures ou jours. En 2016, sa taille était déjà de 80 Go. Ainsi, en octobre 2017, il fallait 137 Go pour stocker la blockchain du Bitcoin.

    Cette situation a engendré l'apparition de monnaies dérivées, appelées selon l'ampleur de l'évolution 'soft fork' (évolution douce) ou 'hard fork' (évolution dure) tentant de proposer des solutions à ce problème.

    Ainsi, durant l'été 2017, le Bitcoin a connu un soft fork appelé Segwit et un hard fork appelé Bitcoin Cash.

    Exemples de projets de blockchain

    En Australie, l'usage d'une blockchain est testé pour permettre aux citoyens d'acheter et vendre l'énergie solaire qu'ils consomment ou produisent.

    A Chicago, un projet-pilote entend gérer les titres immobiliers et les transferts de propriété via la blockchain bitcoin.

    Dubaï a annoncé un vaste projet, dont l'ambition est "d'utiliser la technologie blockchain pour gérer tous les documents gouvernementaux".

    En Suisse, un consortium formé par des acteurs de poids, dont l'opérateur de télécom Swisscom, la Bourse nationale et la Zurich Cantonal Bank, testent l'utilisation de la blockchain Ethereum pour les transactions financières de gré à gré.

    En Chine, la Sécurité Sociale compte tirer parti des blockchains "pour l'investissement et la gestion des fonds sociaux", tandis que s'est formé un consortium mêlant agences gouvernementales et entreprises privées, pour étudier et promouvoir l'usage des blockchains, et tirer parti de la "révolution technologique qu'elles représentent".

    Mineurs / Minage

    mineurs

    Jusqu'à présent, c'est une Banque Centrale liée au gouvernement d'un pays ou d'un continent qui avait le pouvoir de 'battre monnaie'. La grande révolution liée au Bitcoin, c'est que c'est désormais une communauté d'individus qui détient ce pouvoir.

    Nous pourrions dire, pour faire simple, qu'un 'mineur' de Bitcoin 'loue' le temps de calcul de son ordinateur au réseau global.

    Ainsi, chaque fois qu'une transaction est effectuée et donc qu'un bloc doit être ajouté à la chaîne (blockchain), il faut opérer un calcul extrêmement complexe lié à l'algorithme propre à cette monnaie.

    De tous les ordinateurs connectés, le premier à résoudre le problème est le plus à même de recevoir un ou plusieurs Bitcoin en récompense. Il le reçoit en vertu de ce que l'on appelle une 'preuve de travaux'. Ce mécanisme est expliqué en détail dans le chapitre 5.

    Comme il se peut que plusieurs mineurs trouvent la solution du problème au même moment, c'est l'algorithme du Bitcoin - ou des monnaies qui ont suivi - qui détermine qui va bénéficier de ces nouveaux Bitcoins selon un système aléatoire.

    Pour déterminer lequel des mineurs ayant résolu l'équation va recevoir les nouveaux Bitcoins, l'algorithme est influencé par des facteurs tels que :

    . le nombre de machines utilisées pour le minage,

    . la puissance (et donc le coût) de ces machines installées par le mineur,

    . parfois, le coût approximatif de l'électricité là où il opère,

    . le cours actuel de la crypto-monnaie,

    . etc,

    Le système est ainsi fait que, une fois le résultat trouvé, il très facile de vérifier à d'autres ordinateurs de vérifier que ce résultat est correct.

    Une fois le contrôle accompli, le résultat - soit la blockchain mise à jour - est enregistrée sur tous les ordinateurs du réseau.

    En réalité, le mineur qui a été sélectionné de manière aléatoire est rémunéré de deux façons :

    . Une fois toutes les dix minutes, les nouveaux Bitcoins créés (soit 12,5 toutes les 10 mn en 2018 et 6,25 en 2019 - voir Bitcoin) lui sont alloués.

    . Il reçoit également un pourcentage des transactions qui ont été opérées durant ces 10 minutes.

    Aux débuts du Bitcoin, un simple PC suffisait à résoudre le problème mathématique lié aux blockchains.

    Toutefois, plus les années passent et plus l'équation devient complexe.

    De nos jours, seuls des entreprises gérant ce que l'on appelle des 'fermes de serveurs' peuvent prétendre participer au minage. Il existe notamment en Chine et en Russie mais aussi en Bulgarie, du fait que l'électricité y est bon marché et aussi en Islande, pour la même raison et aussi parce que la température ambiante facilite le refroidissement des machines. On estime qu'il est nécessaire d'investir plusieurs millions d'euros pour mettre en place de tels serveurs.

    Le même principe s'applique à l'Ethereum et aux crypto-monnaies qui ont suivi. L'avantage pour ces monnaies plus récentes, c'est qu'à nouveau, un simple PC peut être utilisé pour le minage.

    Smart contract

    Littéralement : contrat intelligent.

    L'apparition des 'smarts contracts' a été la première évolution majeure des crypto-monnaies. La première monnaie à exploiter ce concept a été l'Ethereum.

    Le créateur du concept, Vitalik Buterin, est parti d'un constat.

    Le Bitcoin, dans sa forme originelle, ne permet pas d'exécuter un code informatique.

    En d'autres termes, de faire en sorte qu'une transaction puisse être automatisée selon certaines conditions....

  • Supposons que le loyer annuel de son appartement représente une certaine somme en Bitcoins et que l'on ait reçu ladite somme globale de la part d'une tante généreux. Afin d'être sûr de ne pas la dépenser, on pourrait souhaiter programmer un paiement en 12 échéances.
  • De même, on pourrait pouvoir programmer des choses telles que : tous les 10 du mois, virer sa pension alimentaire à Mathilde.
  • Ou stipuler une condition : dès lors que le cours d'une action en Bourse descend au-dessous d'un niveau particulier, vendre mes actifs.
  • Un site de paris en ligne pourrait poser des conditions telles que : 'Si l'OM gagne le match, vous recevez 1/1000ème de Bitcoins'.
  • La blockchain définie par le Bitcoin ne permettait pas de réaliser une telle programmation d'actions et c'est donc, ce qui a été résolu avec l'arrivée de crypto-monnaies intégrant les 'smart contracts'.

    Les 'smart contracts' rendent possible la programmation de transactions liées à des conditions. Ils peuvent mettre en relation de nombreuses personnes, entreprises ou organismes.

    Quelques exemples :

  • . Vous avez acheté un billet de train et le trajet en question est annulé. De nos jours, il faut généralement se rendre à un guichet en gare afin d'obtenir le remboursement dudit billet. Si le billet a été payé avec une monnaie comme l'Ethereum, dans le cadre d'un 'smart contract', le remboursement serait effectué automatiquement par la SNCF, sans nécessiter la moindre intervention de votre part.
  • . Vous achetez une coque de protection pour votre iPad sur une site d'e-commerce et le vendeur a indiqué une clause comme quoi en cas de retard, une remise vous est accordée. Dans la mesure où il est rupture de stocks temporaire à réception de votre commande, la ristourne est aussitôt appliquée, ce qui signifie que vous disposez immédiatement de l'argent correspondant.
  • . On peut imaginer une automobile connectée et bardée de capteurs. Dans le cas d'un choc, toutes les données de la collision seraient aussitôt transmises à un assureur qui pourra procéder à un remboursement immédiat.
  • De fait, les smart contracts sont en mesure à terme de rendre caduques un grand nombre de tâches administratives réputées comme rébarbatives car impliquant de réunir de nombreux documents, de les envoyer à un organisme, d'attendre qu'ils soient vérifiés, d'avoir éventuellement à renvoyer certaines pièces… De plus, ils devraient permettre d'éliminer les risques liés à l'erreur humaine, comme une case incorrectement cochée. Ainsi, Cap Gemini a estimé qu'il serait possible d'économiser 17,5 milliards d'euros par an dans le domaine de l'assurance automobile grâce aux smart contracts.

    Le potentiel des smart contrats est immense lorsque nous prenons en compte l'arrivée de l'Internet des objets (objets connectés intelligents). Ainsi, on pourrait déterminer que, dès lors que le thermomètre descend au-dessous d'un certain seuil, la livraison de fuel doit être déclenchée automatiquement.

    L'apparition des smart contracts a été une étape clé dans l'histoire des crypto-monnaies et certains estiment que ce concept serait aussi important que celui du Bitcoin.

    Ethereum

    Ethereum

    L'Ethereum a constitué la première évolution majeure en matière de crypto-monnaie.

    Il est ainsi considéré que, par rapport au Bitcoin (1ère génération), l'Ethereum et les monnaies basées sur lui ont constitué la 2ème génération.

    Le créateur de l'Ethereum s'appelle Vitalik Buterin et il a été salué par de nombreux magazines financiers comme l'une des personnalités majeures de notre époque. L'intéressé est très jeune : il est né le 31 janvier 1994 en Russie et ses parents ont émigré au Canada six ans plus tard.

    Vitalik Buterin s'est intéressé au Bitcoin dès 2011, et donc, alors qu'il n'avait que 17 ans. Particulièrement doué en mathématiques, il a lancé le premier magazine papier dédié à cette nouvelle monnaie, Bitcoin Mag. Il y a publié de nombreux articles faisant état de ses réflexions sur le domaine - intervenant également sur divers forums du Net.

    Or, dès 2013, Vitalik Buterin a exposé ce qui selon lui était la limite du Bitcoin, soit l'impossibilité de gérer certaines transactions de manière automatique, selon certaines conditions. De là est née la volonté de créer une sorte de bitcoin programmable.

    Aidé par un autre technicien, Nick Szabo, Vitalik Buterin a donc développé le concept des 'smart contracts' (voir ce terme. L'idée : lier une crypto-monnaie à un code correspondant à un contrat intelligent, avec des clauses qui seront exécutées automatiquement selon certaines conditions.

    Afin de financer ses recherches sur le sujet, Buterin a lancé l'équivalent d'un crowdfunding dans la crypto-monnaie, soit une ICO (Initial Coin Offering - proposition d'une nouvelle monnaie) ou levée de fonds spécifique à ce domaine, la première du genre, en janvier 2014. Cette vente lui a permis de récupérer 31 591 bitcoins, soit environ 18 millions de dollars d'alors - et de vendre ainsi pour 60 millions d'Ether.

    Le 30 juillet 2015, l'Ethereum a officiellement été mis en ligne, avec mise en vente de 11,5 millions d'Ethers.

    L'Ethereum a connu une progression spectaculaire en 2017, passant de 9,76 $ pour un Ether à 407,10 $ soit une augmentation de 5 000 % avec toutefois de nombreuses fluctuations.

    L'histoire de l'Ethereum a tout de même connu un cafouillage majeure lorsque des hackers, en avril 2018, ont découvert l'existence d'une faille dans un 'smart contract' géré par un fond d'investissement du nom de DAO. Cette faille leur a permis de créer une quantité astronomique de 'jetons' (l'équivalent de pièces).

    Le hacking de Ethereum

    Une partie de la mauvaise réputation qu'ont pu avoir les crypto-monnaies est venue d'un incident intervenu sur The Dao, une crypto-monnaie basée sur l'Ethereum.

    Apparu en mai 2016, The DAO était un fond d'investissement opérant de manière distribuée. L'idée était de collecter des fonds qui serviraient à investir dans des entreprises ou projets. Très vite, The DAO a battu les records existants en matière de crowdfunding, en récoltant 120 millions de dollars en quelques jours. Seulement voilà, le 'smart contract' (voir ce terme) sur lequel reposait The DAO présentait une faille. Le 17 juin 2016, un pirate a ainsi pu dérober l'équivalent de 50 millions de dollars en ether, soit environ un tiers des fonds alors récoltés.

    La communauté gérant l'Ethereum a préféré ne pas invalider cette transaction afin d'éviter un précédent - comme quoi, un corps quelconque pourrait intervenir sur une blockchain et sur le destin d'une crypto-monnaie.

    La solution trouvée a été de créer en juillet 2016 une hard fork (voir ce terme) soit une scission de la monnaie Ethereum. De cette façon, les utilisateurs qui avaient investi leurs éthers sur The DAO ont eu la possibilité de les récupérer. La nouvelle division créée, Ethereum Classic (ETC) a pris le relais de l'Ethereum (ETH) même si celui-ci continue d'exister.

    Crypto-monnaie

    crypto

    Une crypto-monnaie est une monnaie fondée sur l'Ethereum et constituant, comme cette monnaie, un moyen de paiement alternatif à l'euro, au dollar, au mark et autres monnaies officielles.

    En théorie, il suffirait de partir du logiciel libre correspondant à Bitcoin et de le modifier, pour créer une nouvelle crypto-monnaie. Dans la pratique, c'est l'Ethereum, qui a donné naissance à l'essor des crypto-monnaies, grâce au système des smart contracts.

    En juin 2018, on recensait 1 639 crypto-monnaies et il en apparaissait 2 ou 3 nouvelles chaque jour. La liste, régulièrement mise à jour, est accessible à cette adresse : coinmarketcap.com

    En réalité, seul une dizaine environ de crypto-monnaies semblent disposer d'un réel potentiel à un moment donné. A la mi 2018, ces crypto-monnaies sont les suivantes :

    1. Bitcoin
    2. Ethereum
    3. Ripple
    4. Bitcoin Cash
    5. EOS
    6. LiteCoin
    7. Cardano
    8. Stellar
    9. IOTA
    10. TRON
    11. NEO
    12. Monero

    Certaines monnaies font régulièrement parler d'elles et à partir de 2018, une crypto-monnaie particulière, Tether, basée sur le dollar a opéré une percée spectaculaire. Pourtant, cette même monnaie a par la suite soulevé une suspicion telle qu'une enquête est en cours pour avoir si les créateurs de cette crypto-monnaie ont réellement respecté leurs engagements. Le chapitre 4 de ce livre revient davantage sur ces divers aspects liés à l'essor des crypto-monnaies.

    La différence avec une monnaie classique

    Pour mieux comprendre ce qu'est une crypto-monnaie, posons-nous la question de base : quelle est la différence entre une monnaie telle que le Bitcoin ou l'Ethereum et l'euro, le dollar ou le yen ?

    La première différence, c'est qu'il n'existe pas de banque centrale telle que la Banque de France ou la Réserve Fédérale américaine, chargée d'en être à la fois l'émetteur et le garant.

    Et oui.. Il n'existe pas dans le monde physique d'établissement se portant garant de votre avoir en crypto-monnaie. Si tel est le cas, qu'est-ce qui permet de certifier que votre portefeuille en Bitcoin ou en Ethereum correspond à une valeur réelle, et donc que vous puissiez l'utiliser pour acheter un écran plat, réserver une chambre d'hôtel ou acheter un jeu vidéo en ligne ?

    Comme nous pourrons le voir plus en détail dans le chapitre 4, cette confiance peut être apportée à un grand nombre des crypto-monnaies citées plus haut, mais pour certaines d'entre elles, il est plus difficile de savoir de quoi il en retourne au juste.

  • . Si tant est que la crypto-monnaie a bel et bien été lancée et a acquis un certain crédit, (celles qui figurent au sommet de la page de coinmarketcap.com le sont), la confiance dans son fonctionnement réside le plus souvent dans un registre de compte, que l'on appelle la blockchain (voir ce terme plus bas pour plus d'explications) qui repose sur la cryptographie.
  • . L'émission de la monnaie repose sur un système de récompense. La vérification des transactions est confiée à des 'mineurs', de simples individus, théoriquement comme vous et moi. Le travail de validation qu'ils apportent est récompensé par de nouvelles pièces mises en circulation et qui leur sont attribuées.
  • Le garants de transactions, dans le cas présent, s'appelle la blockchain (voir ce terme plus haut).

    Quant à l'émission de la monnaie, elle est généralement confiée à des 'mineurs', de simples individus, théoriquement comme vous et moi.

    Les crypto-monnaies comme l'Ethereum sont davantage que de simples moyens de paiement et permettent le développement d'applications - voir plus haut.

    Une monnaie reposant sur un cryptage

    Pourquoi le terme 'crypto' ? Parce que chaque transaction est agrémentée d'une signature cryptographique. Nous avons là un système de codage ultra complexe.

    Le Bitcoin, tout comme les autres crypto-monnaies repose sur un type de cryptage qui prend en compte des 'clés privées' identifiant individuellement chaque personne impliquée.

    Dès lors que vous disposez d'un portefeuille en Bitcoin ou autre crypto-monnaie, une clé privée vous est ainsi attribuée - elle est cryptée et donc secrète. Il s'agit d'un chiffre unique et extrêmement long : il s'étend sur 256 bits. Le chapitre 5 vous en apprend davantage sur la question mais un fait demeure : c'est une clé qu'il est impossible de 'dérober'.

    On estime que, si un ordinateur était en mesure de traiter 1012 clés privées par seconde, il lui faudrait un million de fois l'âge de l'univers pour les dénombrer toutes.

    Et la simple énumération de ces clés consommerait davantage que l'énergie totale produite par le soleil durant 32 ans !

    Clé publique et clé privée

  • La clé privée demeure secrète et qui vous identifie de façon unique. Si l'on prend la comparaison d'une boîte aux lettres, cette clé est celle qui vous permet d'ouvrir ladite boîte aux lettres.
  • Une clé publique est calculée à partir de la clé privée. Elle est publique car elle peut être envoyée sur le réseau. Si l'on reprend l'analogie de la boîte aux lettres, elle permet de placer des lettres dans une boîte. Retrouver la clé privée à partir de la clé publique est d'une complexité telle que l'opération est impossible.
  • Pour prendre un exemple simple, prenons une division telle que 15 / 2 = 7 avec un reste de 0,5 . Imaginons que 15 soit la clé privée et 0,5 la clé publique. Comment pourriez vous retrouver 15 à partir de 0,5 ? N'importe quelle division d'un chiffre impair par 2 va donner 0,5 !

    Ce n'est pas aussi simple que cela mais cela vous donne une idée du pourquoi, à partir d'une clé publique, il est extrêmement difficile de retrouver la clé privée.

    Lorsqu'une somme d'argent en Bitcoin est effectuée entre Paul et Janis, c'est la clé publique de Paul qui est utilisée. Toutefois, Janis ne peut récupérer la somme que grâce à sa clé privée.

    Supposons que vous envoyez l'équivalent de 100 euros en bitcoins à Janis. Si un hacker parvenait à intercepter cette transaction, il ne pourrait pas récupérer les bitcoins correspondants. En effet, s'il voulait changer l'identité du destinataire - en gros, remplacer la clé privée de Janis par la sienne - la transaction serait invalidée. Donc, impossible de dérober des fonds.

    L'une des raisons pour lesquelles il est impossible de retrouver une clé privée vient de ce qu'il s'agit d'un chiffre extrêmement long et donc, qui occasionne un calcul d'une complexité inouie.

    Notons que c'est ce système de cryptographie dite 'asymétrique' qui est à l'oeuvre lorsque vous envoyez de l'argent à un site de e-commerce comme fnac.com ou autre.

    Il existe des crypto-monnaies dédiées à un seul usage. Ainsi, Burger King a lancé le WhooperCoin, d'abord en Russie. Pour chaque rouble dépensé, un WhooperCoin est offert au consommateur. Une fois qu'il a accumulé 1 700 WhooperCoins, l'amateur de burgers peut les échanger contre un Whooper !

    Lightning Network

    Une surcouche place au-dessus du Bitcoin, visant à rendre les paiements instantanés et illimités.

    Nous l'avons vu plus haut, le traitement de la blockchain du Bitcoin telle qu'elle a été conçue à l'origine, aboutit à un traitement assez lent des transactions : au mieux, il se situe à 7 transactions par secondes, là où un organisme comme VISA peut traiter jusqu'à 65 000 transactions par secondes.

    Lightning Network est l'une des solutions trouvées pour résoudre ce problème qu'a rencontré le Bitcoin lors que son activité a atteint une certaine échelle.

    Quelle en est l'idée ? Il est courant pour un usager de cette monnaie d'effectuer un grand nombre de petites transactions, sur des montants réduits, et il n'est pas optimal d'avoir à stocker chacun de ces petites transactions sur la blockchain. Lighting Network établit donc un canal de paiement séparé entre deux usagers, lequel canal va tôt ou tard produire un solde que l'on reportera sur la blockchain.

    Lightning Network à l'oeuvre

    Imaginons que Arnold effectue des commandes régulières sur un site de bijoux à bas prix, que nous appellerons, pour les besoins de la démonstration, bijou.fr. Pour simplifier les choses, Arnold va établir un canal de paiement avec bijou.fr. Ils vont pouvoir déposer une certaine somme en Bitcoin sur une adresse précise dite 'multi-signature'. Cette adresse devient l'équivalent d'un coffre-fort auquel les deux parties ont donné leur accord. Posons qu'Arnold y dépose l'équivalent de 100 Satoshis (1 cent millionième de Bitcoin - voir chapitre 2). Bijou.fr y dépose 0 Satoshis.

    Arnold
    100
    Bijou.fr
    0

    Par la suite, Arnold dépense 40 Satoshis pour acheter une bague. Dans le coffre nous avons alors la situation suivante :

    Arnold
    60
    Bijou.fr
    40

    Les deux parties signent la transaction avec leurs clés privées / clés publiques et celle-ci est ainsi enregistrée dans le coffre.

    Par la suite, Arnold achète d'autres articles et le coffre évolue ainsi :

    Arnold
    50
    Bijou.fr
    50
    Arnold
    20
    Bijou.fr
    80
    Arnold
    5
    Bijou.fr
    95

    A présent, Arnold est dans une situation où il ne dispose plus de suffisamment de fonds pour acheter d'autres articles chez Bijou.fr

    A partir de là, l'une de deux parties peut décider de fermer le canal de paiement ainsi ouvert - qu'il s'agisse de Arnold ou de Bijou.fr

    Ce n'est qu'alors, à la dernière opération ainsi validée que l'information décrivant les échanges entre Arnold et Bijou.fr va rejoindre la blockchain du Bitcoin. Nous obtenons donc des transactions traitées de manière immédiate et la possibilité pour l'éco-système du Bitcoin de se développer sans souci à n'importe quelle échelle.

    Un autre avantage de Lightning Network est qu'il n'est pas forcément nécessaire d'ouvrir un canal spécifique pour qu'une opération aboutisse. Si Alice est reliée à Arnold par un canal et qu'elle souhaite acheter une broche sur bijou.fr, la transaction va être effectuée par ce biais. Le système Lightning Network tente de lui-même de trouver une route qu'il peut emprunter.

    Apparu au début de l'année 2018, Lightning Network était encore en expérimentation au mois d'août mais il a déjà été adopté par des sociétés telles que Bitrefill, qui vend des cartes de téléphonie prépayées,

    EOS

    Une crypto-monnaie dérivée de l'Ethereum et qui a été qualifié comme 'blockchain de 3ème génération'. On l'a également affublé du nom : Ethereum Killer.

    L'idée maîtresse d'EOS est d'accélérer considérablement le nombre de transactions par secondes.

    Ce qui s'est passé avec Ethereum, c'est que ce réseau a rapidement montré ses limites. En effet, il ne peut traiter que 15 transactions par secondes, alors qu'une application comme Google peut en gérer plus de 40 000 - ce qui équivaut à 3,5 milliards de requêtes par jour .

    Un épisode a été marquant dans l'histoire d'Ethereum. Fin novembre 2017, une start-up, a lancé Crypto Kitties, une application d'achat et de vente de chatons virtuels, avec possibilité d'accoupler ceux-ci, un peu dans le style des Tamagotchi de la fin des années 90. Ces chatons ne pouvaient être achetés qu'avec une crypto-monnaie maison, MetaMask, elle-même basée sur l'Ethereum. a connu un succès immense : des millions de dollars ont été dépensés en quelques semaines. Là n'est pas tout. A elle seule, l'application en est revenu à représenter 15 % des transactions Ethereum et parfois aussi à saturer ce réseau, ralentissant très fortement le traitement des transactions.

    Cet épisode a mis en exergue les insuffisances du réseau Ethereum dans sa forme originelle et a donc incité certains à développer des alternatives plus performantes.

    L'une de ces solutions a été EOS, qui a été annoncé comme l'infrastructure la plus rapide existante.

    Son créateur, Dan Larimer, annonce un volume de 50 000 transactions par seconde. Dan Larimer n'en est pas à son coup d'essai, il a auparavant crée une sorte de banque liée à une blockchain et Steam It, une plate-forme sociale récompensant ses contributeurs en les rémunérant.

    IOTA

    IOTA est une autre monnaie de 3ème génération.

    Elle vise, tout comme EOS ou d'autres monnaies telles que Cardano à résoudre les problèmes liés à la blockchain du Bitcoin. Rappelons que, sous sa forme originelle, cette monnaie grâce à laquelle tout a commencé tend à devenir de plus en plus difficile à gérer.

    Les créateurs de IOTA ont résolu la chose en remplaçant la blockchain traditionnelle par un tangle ou 'enchevêtrement'.

    Ce tangle est également appelé Direct Acyclic Graph. Que signifient ces termes ?

    Avec le tangle de IOTA, chaque transaction comporte, comme pour Bitcoin ou Ethereum des informations d'identification : émetteur, récepteur, nombre de tokens (argent) transféré… Elle est également liée à deux autres transactions qui la valident.

    Que se passe-t-il quand une nouvelle transaction est opérée en IOTA ?

    1. 1. Le système choisit dans l'enchevêtrement deux transactions qui n'ont pas encore été validées.
    2. 2. La nouvelle transaction va alors avoir la tâche de confirmer ces deux transactions précédente.
    3. 3. Si tout se passe bien, la nouvelle transaction est alors greffée au tangle - elle en devient une extrémité.
    4. 4. La nouvelle transaction devra elle-même attendre d'être validée selon le même système.

    C'est cette technique qui fait que les transactions de IOTA peuvent être traitées sans le moindre délai.

    La question peut toutefois être posée : comment peut-on savoir qu'une transaction donnée est valide ? . En premier lieu, pour chaque transaction, une vérification complexe est effectuée selon un modèle cryptographique réputé inviolable, analogue à celui de Bitcoin ou Ethereum. La difficulté de l'opération de validation détermine un 'poids' qui indique un certain niveau de sécurité. . De plus, chaque transaction est associée à un 'poids global', une valeur qui indique son niveau de sécurité global. Ce poids global est représenté par le cumul du poids des transactions qui pointe vers elle et donc, il ne cesse d'augmenter au fil du temps. Par exemple, au début, la transaction A a eu un poids de 2, du fait d'avoir été validée par C. Lorsque C a été validé par E, C a reçu un poids de 3. Ce poids a été renvoyé à A qui a désormais eu un poids de 2 + 3 = 5. Et ainsi de suite.

    Grâce à ce système fort ingénieux, IOTA peut gérer un nombre potentiellement illimité de transactions par seconde. De plus, il n'est plus nécessaire pour chaque intervenant de stocker la copie complète d'une blockchain - rappelons qu'en août 2018, la taille de la blockchain Bitcoin approchait les 180 Go.

    Autre point fort : IOTA ne fait pas intervenir de mineurs. Il en résulte que l'échange d'argent n'implique aucune commission !

    Bouillonnement créatif

    Le domaine des crypto-monnaies est en pleine évolution et il est encore trop tôt pour dire qui sortira vainqueur de ce bouillonnement créatif. Ainsi, en 1995, lorsque Yahoo! était le moteur de recherche dominant et que Amazon en était à ses balbutiements, il aurait été difficile de prédire que 5 ans plus tard, Yahoo! serait supplanté par un nouveau venu du nom de Google. Il était tout aussi ardu de prévoir que la société Amazon alors lourdement déficitaire, aurait été en mesure de tenir sur la durée et s'imposer comme le n°1 de son secteur.

    Nous sommes dans une situation similaire aujourd'hui et si Bitcoin et Ethereum semblent avoir gagné droit de cité, il est encore trop tôt pour dire si Lightning Network, EOS ou IOTA vont s'imposer. Il demeure qu'ils tracent des voies d'évolution prometteuses.

    Comment est né le bitcoin ?

    Daniel Ichbiah & Jean-Martial Lefranc

    Extrait du livre 'Les rebelles numériques' (First, 2014)

    Satoshi Nakamoto, le poète épique du bitcoin

    gilgamesh

    Les auteurs des grands textes fondateurs de la culture planétaire sont pour la plupart des anonymes.

    Qui a écrit l'épopée de Gilgalmesh ? Nul ne le sait.

    A-t-on retrouvé des traces historiques des auteurs des évangiles canoniques ? Aucune.

    Quant à Homère, les chercheurs s'affrontent encore pour tenter de déterminer s'il était un homme ou une femme.

    Satoshi Nakamoto

    Comme ces auteurs de légende, Satoshi Nakamoto a un nom mais pas d'identité. Personne ne doute qu'il est l'auteur du premier exposé détaillant le fonctionnement du bitcoin. Nul ne doute qu'il détient l'accès au mythique bloc " génèse " du système de monnaie électronique.

    Mais nul ne sait qui est Satoshi Nakamato.

    Malgré bien des avanies, le bitcoin est un succès retentissant : six ans après son apparition, il représente une valeur de près de 9 milliards de dollars, soit l'équivalent du PNB d'un pays comme le Mali ou le Laos.

    Difficile de raconter la biographie d'un clandestin, indispensable cependant d'essayer de définir les contours connus de la personnalité du fondateur de bitcoin, car cette monnaie virtuelle est une pièce majeure de l'avenir du web.

    Au début était un inconnu sur un forum...

    La genèse du Bitcoin

    White paper sur le bitcoin

    Le Samedi 1er Novembre 2008, le premier post signé Satoshi Nakamoto apparaît sur le forum Cryptography Mailing List qui regroupe les amateurs et les professionnels du cryptage informatique.

    Le premier mail présente les principales caractéristiques du bitcoin. On découvre le ton précis et délié de Satoshi, son esprit poétique, celui d'un libertarien qui cherche à rendre le monde meilleur en créant une monnaie communautaire, privée, autogérée qui échappe absolument au contrôle des Etats.

    Voici la transcription " verbatim " de ce premier message :

    " J'ai commencé à travailler sur un nouveau système de monnaie électronique qui est complétement pair au pair, sans tiers de confiance. L'article de présentation est disponible à https://bitcoin.org/bitcoin.pdf.

    paypal

    Paypal

    A l'époque de ce premier message, la question du paiement électronique est déjà résolue : PayPal est devenu le standard des échanges sur ce terrain. Toutefois, PayPal, comme le paiement par carte bleue requière le passage du débiteur au créditeur via un système de tiers de confiance.

    PayPal est le tiers de confiance qui s'assure de l'identité du débiteur et du créditeur et garantit que l'argent qui part de l'un arrive jusqu'à l'autre. Le système de sécurité de PayPal repose même sur l'identification confirmée du compte bancaire des participants par le fameux microvirement à la double décimale de l'euro.



    Le tiers de confiance devient inutile

    Satoshi Nakamoto considère viscéralement que le tiers de confiance n'est justement pas digne de notre confiance.

    bitcoin

    Dans le bloc génèse de code crypté qui forme le premier bitcoin, Satoshi Sakamoto a intégré cette citation tirée de la presse du jour :

    "The Times - 3 Janvier 2009 : le Ministre des Finances sur le point d'accorder un deuxième plan de sauvetage aux banques".

    Occupy Wall Street

    Le premier message concernant le bitcoin suit de six semaines l'annonce de la faillite de la banque Lehman Brothers, le catalyseur de la plus grande crise économique mondiale depuis 2009.

    Survivalistes ? Les premiers utilisateurs des bitcoin sont souvent de grands contempteurs des banques centrales occupées à faire fonctionner la planche à billets à tout va pour soutenir les "voleurs" de Wall Street et des politiciens incapables de mettre en ordre les finances de leurs pays.

    La poësie si particulière de Satoshi s'exprime dans le résumé de l'article qui fonde le bitcoin :

    bitcoin

    "Résumé. Une monnaie électronique purement peer to peer (pair à pair) permettrait aux paiements en ligne d'être envoyés directement d'une personne à l'autre sans les inconvénients de passer par une institution financière.

    Des signatures digitales fournissent une partie de la solution, mais les principaux bénéfices disparaissent si un tiers de confiance doit intervenir pour éviter les doubles paiements.

    Nous proposons une solution au double paiement en utilisant un réseau pair à pair. Le réseau établit une signature chronologique des transactions grâce à un code qui produit une 'preuve de travaux'.

    bitcoin

    L'ensemble forme un livre comptable qui ne peut être changé sans refaire la 'preuve de travaux'. La chaîne de codage la plus longue sert non seulement de preuve à l'ordre des séquences observées, mais prouve aussi qu'elle a été générée par l'ensemble le plus puissant d'ordinateurs présents dans le réseau.

    Tant que des 'noeuds' honnêtes du réseau contrôlent la plus grande puissance de calcul, ils sont en mesure de générer la plus grande chaîne et de prendre de vitesse des attaquants.

    Le réseau lui même demande une structure minimale. Les messages sont diffusés sur la base d'un meilleur effort et les participants peuvent rejoindre le réseau à volonté, acceptant la plus longue 'preuve de travaux' comme preuve de ce qui s'est déroulé pendant leur absence. "

    Bien entendu pour les moins techniciens d'entre nous, la prose de Satoshi ressemble à la rencontre inopinée entre Lautréamont et un manuel de cryptologie.

    Pour les autres, ses pairs qui découvrent la proposition sur le forum "Cryptography Mailing List", la publication du papier fondateur est le début de passionnantes semaines qui leur permettront d'explorer et de comprendre l'élégance de la solution bitcoin.



    Le rôle crucial des Mineurs

    Mineur

    Voilà une déclaration d'intention qui aurait fait frémir de satisfaction le Zola de Germinal. C'est pourtant bien la réalité du bitcoin. Dans le système proposé par Satoshi Nakamoto, sont dénommés 'Mineurs', les participants au réseau pair au pair qui forment la communauté bitcoin.

    PC

    Les Mineurs mettent à la disposition de la communauté la puissance de calcul de leurs ordinateurs.

    Mineur

    Le réseau a une fonction principale : maintenir le livre comptable central qui répertorie l'ensemble des bitcoins en circulation et l'ensemble des transactions concernant chacun des bitcoins produits.

    blockchain

    Le bitcoin est représenté par un bloc qui est constitué d'une chaine de 'hachage', soit une suite de codes sécurisés par une clé de cryptage. Au fur et à mesure du temps, la chaine est de plus en plus longue car c'est sa longueur qui atteste de sa place dans l'ordre de production des blocs. Un bitcoin ancien a été simple à calculer, les bitcoins produits dans le futur seront de plus en plus longs et difficiles à extraire de la puissance de calcul de votre ordinateur.

    blockchain

    Les Mineurs génèrent les blocs en autorisant que le système utilise les ressources de leurs ordinateurs pour calculer la chaîne et produire un nouveau code.

    L'ordinateur qui produit la fin de la chaîne juste avant qu'elle soit ajoutée au répertoire reçoit de nouveaux bitcoins en contrepartie de sa 'Preuve de Travaux'. Chacun des participants à la communauté est ainsi récompensé en monnaie sonnante et trébuchante pour avoir mis son matériel à la disposition de tous.

    bloc

    Quand un bloc est ajouté au répertoire, il commence à avoir cours légal dans la communauté dès lors que la majorité des mineurs ont reconnu ce bloc comme le plus long jamais produit et validé ainsi son authenticité.

    Emile Zola repose en paix : avec bitcoin, les Mineurs contrôlent donc bel et bien l'outil de production du capital.

    La monnaie Open Source

    Satoshi Nakamoto

    Début 2009, Satoshi poste le code de base sur SourceForge.net sous le nom particulièrement modeste de bitcoin version 0.01. Les éléments fondateurs du système sont le réseau pair à pair, le système de minage que nous avons vus et le cryptage.

    Le cryptage de chaque bloc produisant des bitcoins est le résultat d'une suite d'opérations mathématiques à la complexité croissante. Satoshi a posé des règles précises à la production de la masse monétaire.

    or

    En opposition aux économistes keynésiens, Satoshi a fixé le maximum des bitcoins en circulation à 21 millions.

    Le chiffre n'est pas arbitraire : il correspond à peu près à la masse d'or extraite par l'homme depuis le commencement de l'humanité : un cube de 21 mètres de coté. Ainsi Satoshi voit plus le bitcoin comme une unité de réserve que comme le véhicule d'une politique économique publique. En tout cas, il choisit pour la communauté " bitcoin " une forme d'économie qui ressemble plus à celle antérieure aux accords de Bretton Woods, dans laquelle le cours du dollar reposait sur le montant des réserves en or entreposées à Fort Knox ou à la Réserve Fédérale de New York.

    Division

    De la règle des 21 millions de bitcoins découle le rythme du minage : tous les quatre ans, le rendement en bitcoin des opérations de minage est divisé par deux.

    Ce rythme est lié à l'estimation faite par Satoshi de l'augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs.

    En choisissant une masse monétaire finie, Satoshi parie sur la conjonction de deux phénomènes. D'abord il anticipe que le cours du bitcoin progressera de telle manière qu'il restera durablement rentable pour un Mineur de mettre la puissance de calcul de son ordinateur au service du réseau. Ensuite, il estime qu'en fin de course quand le dernier bitcoin aura été 'miné', la masse limitée ne va pas provoquer un blocage déflationiste de l'économie de la communauté.

    (...)



    Un poète plus qu'un visionnaire

    (...)

    Dans un post de 2009, Satoshi explique son choix d'une masse monétaire fixe :

    bitcoin

    "Effectivement, il n'y a personne pour agir comme une banque centrale et ajuster la masse monétaire alors que la population d'utilisateurs progresse. Cela aurait nécessité l'existence d'un tiers de confiance pour déterminer la valeur et j'ignore comment un programme informatique pourrait déterminer la valeur réelle des choses. Dans un sens, cela ressemble plus à un métal précieux. Plutôt que de faire varier la masse disponible pour conserver la valeur au même niveau, la masse est prédéterminée et c'est la valeur qui change.

    Dès lors que le nombre d'utilisateurs augmente, c'est la valeur de la monnaie qui augmente. Cela peut avoir un effet de cercle vertueux ; alors que le nombre d'utilisateurs augmente, la valeur augmente, cela attire de nouveaux utilisateurs qui sont attirés par l'augmentation des cours."

    bitcoin envol en 2011

    Sur ce dernier point, Satoshi a vu tout à fait juste et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'invention de Satoshi n'est pas passée inaperçue.

    La notoriété aidant, la valeur du bitcoin s'est envolée. En avril 2011 quand Satoshi interrompt tout contact avec le monde extérieur, le bitcoin s'échange contre à peu près 1 dollar.

    bitcoin envol en 2013

    Puis, alors que la communauté progresse et que les investisseurs de la Silicon Valley décident de s'y intéresser, le cours du bitcoin suit une course effrénée jusqu'à un pic de 860 € en Décembre 2013.

    bitcoin envol en 2014

    Il revient sur un niveau de 400 € début 2014, suite à la faillite mystérieuse de Mt.Gox, la principale bourse d'échange de bitcoins en monnaies traditionnelles.



    Satoshi se retire du jeu

    Fin 2010, Satoshi semble déjà à l'aise vis à vis de l'attention que produit son invention dans les média. Il ne semble pas près à affronter un débat public qui aille au delà de la communauté des développeurs Open Source qui se sont rassemblés autour de lui.

    Il semble qu'une péripétie ait joué un rôle clé dans le retrait de Satoshi d'une quelconque vie publique.

    Julian Assange

    Julian Assange de Wikileaks a organisé la diffusion de milliers de mémos secrets de la diplomatie américaine. Pour la Maison Blanche, il a été trop loin dans sa volonté forcenée de transparence: les autorités américaines tentent de lui couper les vivres en interdisant au site de lanceurs d'alerte de percevoir des donations via les systèmes de cartes de crédit ou à travers PayPal. Visa et MasterCard s'exécutent immédiatement. Paypal hésite mais finalement accepte de suspendre l'acceptation de donations à Wikileaks. Cette décision scandalise les libertariens et plus largement les tenants d'une liberté d'expression aussi large que possible.

    Le magazine PC World apporte sa pierre au débat en suggérant que bitcoin devienne le nouveau vecteur pour faire des dons à Wikileaks et garantir la survie du site.

    Cette perspective ne semble pas enthousiasmer Satoshi. Il écrit dans un post du 11 Décembre 2010 :

    " Il aurait été sympathique d'avoir ce genre d'article dans n'importe quel autre contexte. Wikileaks a envoyé un grand coup de pied dans un nid de frelons, et l'essaim se dirige maintenant dans notre direction."

    Il n'y aura pas d'autres commentaires mais Satoshi Nakamoto semble avoir déjà décidé de son effacement.

    Après deux ans de dialogues avec les membres de la communauté bitcoin, Satoshi officialise son retrait. Le réseau des Mineurs a fait l'objet de nombreuses attaques, notamment de deni de service (DoS), par des hackeurs cherchant à interrompre les échanges et la production de bitcoins. Satoshi a travaillé avec acharnement pour garantir la sécurité du système. Les adieux se font sans effusions. Dès le lendemain du post à propos de Wikileaks, Satoshi annonce simplement :

    " Il y a encore du travail à faire sur DoS (les attaques de deni de service) mais je vais produire une version rapide de ce que j'ai codé jusqu'ici au cas où cela deviendrait nécessaire et ensuite j'irais me consacrer à des idées plus complexes. Cette nouvelle version sera intitulée 0.3.19. "

    Gavin Andresen

    Satoshi s'est choisi un successeur, Gavin Andresen, un expert en cryptologie qui devient l'animateur principal des développeurs open source du bitcoin. Satoshi lui confie la clé d'alerte qui permet d'envoyer un message simultané à tous les membres du réseau bitcoin pour les prévenir en cas d'attaque ou de découverte de faille grave dans le système.

    Satoshi continue d'entretenir une correspondance privée avec Gavin qui s'interrompt le 26 Avril 2011 sur ce message :

    " Je souhaiterais que tu arrêtes de parler de moi comme d'une mystérieuse figure de l'ombre, la presse utilise cet angle pour parler de bitcoin comme d'une monnaie pirate. Peut être devrais-tu plutôt insister sur le coté 'projet open source' et donner plus de crédit à tes développeurs, cela aidera à les motiver ".

    Depuis cette date, Satoshi Nakamoto est retombé dans le silence, son anonymat préservé. Il ne participe plus ni ne commente la folle aventure du bitcoin.

    Qui diable est Nakamoto ?

    question_mark_by_bushlemon

    Nombreux sont ceux qui aimeraient s'attribuer un peu de sa notoriété en démasquant Satoshi.

    Les tentatives se sont succédées et des annonces spectaculaires ont souvent été tournées en ridicule. Il semble presque vulgaire de chercher à connaître un auteur qui, de toute évidence, cherche à rester anonyme.

    L'enquête la plus sérieuse a été menée par le journaliste Adam Pennenberg du magazine Fast Company. En soumettant au moteur de recherche de Google, les segments de phrases utilisés par Satoshi dans ses 'posts' publics, il y a identifié des expressions communes avec les publications scientifiques de trois chercheurs ayant déposé un brevet en cryptographie.

    Peine perdue : tous trois ont nié être le créateur du bitcoin.

    Hal Finney

    D'autres enquêteurs ont pointé le doigt vers Hal Finney, le Mineur du premier bitcoin après le bloc 'genèse'. Il leur semblait logique que Hal qui a été le premier à échanger avec Satoshi soit…Satoshi lui-même.

    Finney a démenti, indiquant qu'il est très fier d'avoir eu la chance de participer à l'aventure et de produire ainsi les premières pièces en répondant à l'appel de Satoshi. Il a précisé que, atteint d'une maladie dégénérative, ses jours étaient comptés et qu'il était heureux de laisser ses bitcoins en héritage à ses enfants.

    conspirationnistes

    Les conspirationistes, pour leur part, évoquent évidemment la responsabilité de la CIA ou la NSA dans l'avènement de la monnaie électronique.

    On voit mal l'intérêt qu'auraient des agences d'Etat à créer un véhicule qui est devenu un des moyens favoris des mafias internationales pour blanchir de l'argent sale.


    Newsweek

    Plus récemment le magazine Newsweek a prétendu avoir retrouvé Satoshi dans une banlieue modeste de Los Angeles. Dorian Nakamoto, un programmeur informatique au CV plutôt modeste, a vu débarquer devant sa porte une nuée de journalistes suite à un article et une 'Une' sensationnalistes. D'abord effrayé par ce mouvement de foule hystérique, l'homonyme a retrouvé ses esprits et fait rédiger une lettre au magazine par son avocat en indiquant qu'il n'avait rien à voir avec Satoshi Nakamoto.

    L'agitation provoquée par ce scoop en carton pate a cependant poussé Satoshi à poster sur le site de la P2P Foundation, le message suivant :

    "Je ne suis pas Dorian Nakamoto."

    bitcoin

    Les plus anciens membres de la communauté bitcoin murmurent que Satoshi aurait amassé une fortune en minant plus d'un million des premières 'pièces', soit près de quatre cent millions d'euros au cours actuel.

    En réalité, l'identité du poète codeur est elle vraiment si importante ?

    Son œuvre a fondé une industrie vibrante et il fait peu de doute que l'on continuera de s'interroger sur le sens de sa pensée jusqu'en l'an 2140 au moins, l'année qui doit marquer la production du dernier bitcoin.

    haiku

    Satoshi a déjà eu la gloire, peut être la fortune et sans doute vaut il mieux garder de lui l'image d'un sage, peignant un haïku, assis en lotus au pied d'un cerisier en fleurs, laissant à la folie des hommes le soin de décider du sens de sa création.

    Extrait du livre Les rebelles numériques

    (Daniel Ichbiah & Jean-Martial Lefranc) First - 2014

    Principales crypto-monnaies

    Nous n'évoquons pas ici le Bitcoin, l' Ethereum, le IOTA et l' EOS , présentés plus haut.

    Bitcoin Cash

    Une monnaie dérivée du Bitcoin.

    En juillet 2017, un grand mouvement s'est opéré dans le but de faire évoluer le logiciel gérant le Bitcoin. Comme la demande a explosé, plusieurs insuffisances du modèle initial sont apparues. La gestion des transactions s'est fortement ralentie, et de ce fait les frais de minage ont fortement augmenté.

    Le consensus s'est établi autour d'une évolution douce (on parle de 'soft fork' dans le jargon des crypto-monnaies) du Bitcoin appelée Segwit. Pourtant, une minorité d'usagers de cette monnaie a refusé l'option Segwit et a préféré une autre issue, une évolution plus radicale (on parle de 'hard fork') celle du Bitcoin Cash.

    Les créateurs du Bitcoin Cash ont choisi comme option d'augmenter considérablement la taille des blocs. Ceux-ci ont une taille de 8 mégabits, ce qui rend possible de traiter un beaucoup plus grand nombre de transactions par seconde.

    Au 1er août 2017, les possesseurs de Bitcoins qui avaient choisi le Bitcoin Cash ont donc trouvé dans leur wallet autant de Bitcoin Cash qu'ils avaient de Bitcoins.

    Bitcoin Gold

    Une scission majeure ('hard fork') du Bitcoin intervenue en novembre 2017.

    Durant l'été 2017, le Bitcoin a connu deux évolutions majeures. L'une appelé SegWit a consisté en une évolution douce ('soft fork') de la monnaie initiale et en une scission ('hard fork') intitulée Bitcoin Cash.

    A l'automne, une nouvelle évolution du même type a été proposée, avec deux routes, l'une appelée SegWit2x et une autre connue comme le Bitcoin Gold.

    Le Bitcoin Gold est parti d'un constat. Aux débuts de cette monnaie, n'importe qui pouvait miner du Bitcoin depuis un simple PC. Avec l'apparition de fermes de serveurs et d'ordinateurs dédiés au minage (appelés ASICs), cette opération n'est pratiquable que par des sociétés à même d'investir des millions de dollars. Bitcoin Gold a été donc une tentative d'en revenir à un Bitcoin dont la production serait plus démocratique. Pour être en mesure de le miner, il faut mettre à contribution un GPU, en d'autres termes, le processeur d'une carte graphique. Or, on trouve des GPUs puissants dans les ordinateurs dédiés aux jeu vidéo. Il est à noter que d'autres monnaies comme l'Ethereum utilisent déjà le GPU.

    Le Bitcoin Gold a été lancé sur la base que chaque propriétaire de Bitcoins reçoit l'équivalent en Bitcoin Gold.

    En mai 2018, Bitcoin Gold a fait l'objet d'une attaque de la part d'un mineur anonyme qui avait réussi à acquérir plus de 51% de la puissance du réseau et donc à en prendre le contrôle de manière temporaire. Il a ainsi pu dérober 380 000 Bitcoin Gold, soit l'équivalent de 18 millions de dollars.

    Cardano

    La société créatrice d'une crypto-monnaie, l'ADA, mise sur le marché en octobre 2017.

    En 3 mois la capitalisation boursière du Cardano a atteint les 3 milliards de dollars et son cours s'est multiplié par 400 %.

    La société Cardano affirme gérer une blockchain de 3ème génération, tout comme dans le cas de l'EOS, avec notamment l'ambition de pouvoir gérer un nombre de transactions par secondes très largement supérieur au Bitcoin, à l'Ethereum et aux monnaies dérivées de cette dernière. Cardano emploie de nombreux ingénieurs et chercheurs et affirme que sa blockchain est gérée avec une 'approche scientifique'.

    Dash

    Une crypto-monnaie derivée du Bitcoin. Abréviation de Digital Cash.

    Apparue en janvier 2014, Dash a été créé par Evan Duffield, initialement sous le nom de Dark Coin, avec pour ambition de rendre le Bitcoin à la fois plus rapide et plus anonyme. Il voulait aussi créer une sorte de monnaie universelle, dont chacun puisse faire ce qu'il veut, ce qui explique pourquoi Duffield n'a pas souhaité faire appel à des financements. Il l'a donc rebaptisé Dash, comme abréviation de Digital Cash soit le cash de l'ère numérique. Ainsi, avec Dash, il serait impossible à une tierce partie de savoir ce que l'on a acheté au juste sur une boutique en ligne. De plus, les transactions sont instantanées.

    A ses débuts, le Dash a soulevé des suspicions, car son minage est apparu ultra-complexe. Pourtant, l'équipe fondatrice a pu miner 1,9 millions de Dash en deux jours. Duffield s'en est excusé en expliquant qu'il avait mal maîtrisé certains aspects du codage, ce qui a mené à des mises à jour importantes du programme à ses débuts. Cette monnaie fonctionne avec un système de vote et la communauté Dash a choisi de ne pas tenir compte de ces erreurs de jeunesse.

    Dash figure dans le Top 20 de CoinMarketCap des crypto-monnaies ayant la plus grande capitalisation - chiffre de juin 2018.

    LiteCoin

    Une crypto-monnaie dérivée du Bitcoin.

    Le LiteCoin est né en octobre 2011, sous l'impulsion de Charly Lee, un ancien ingénieur de Google, puis du site Coinbase, l'une des principales places de marché. Elle fait partie des 4 monnaies prise en compte par Coinbase.

    Litecoin a été la première crypto-monnaie à prendre en compte l'évolution du Bitcoin appelée SegWit, visant à accélérer les transactions sans toucher à la blockchain existante.

    LiteCoin se revendique comme l'une des seules crypto-monnaies avec laquelle il est possible d'acheter des biens. Et certains experts la recommandent en tant que placement sur le long terme.

    Charlie Lee, le créateur du LiteCoin est une personnalité très écoutée dans le domaine de la crypto-monnaie, avec des centaines de milliers d'abonnés à ses tweets. A ce titre, il a parfois été accusé de conflit d'intérêts, certains de ces tweets pouvant avoir pour effet de faire monter ou descendre le cours du LiteCoin. Pour tenter de mettre fin à ces rumeurs, Charlie Lee a soudainement vendu ses LiteCoins en décembre 2017. Toutefois, peu avant cet épisode, le LiteCoin se portait à merveille, ayant connu une plus-value record de + 9 150 % en un an (à comparer au + 1 318 % du Bitcoin pourtant cité en exemple à la même époque). Certains estiment donc que Charlie Lee serait devenu multi-millionnaire au passage. L'intéressé n'a pas souhaité évoquer la question.

    NEO

    La première crypto-monnaie apparue en Chine.

    Son créateur Da Hongfei, a créé un réseau de blockchain en basant sur l'Ethereum tout en faisant en sorte de se conformer à la réglementation chinoise. Ainsi la blockchain NEO est aisément modifiable et il n'est pas possible de la faire évoluer vers une autre monnaie (ou 'fork').

    Ripple

    L'une des trois principales crypto-monnaies du marché. Elle est particulière pour deux raisons principales :

  • . elle n'est pas basée sur le Bitcoin,
  • . elle est principalement orientée vers les échanges B to B (business to business).
  • La monnaie gérée par Ripple s'appelle le XRP. Elle a été développée par le programmeur américain Jed McCaleb sur la base d'une monnaie créée dès 2004.

    Jed McCaleb, dans la version du Ripple qu'il a démarrée en 2011 a choisi de ne pas faire reposer cette monnaie sur une blockchain, par un processus de vérification par consensus entre les membres de ce réseau. Il en résulte un système qui ne nécessite pas de minage et donc utilise peu d'électricité, et amène des transactions bien plus rapides.

    Le système Ripple est principalement destiné aux banques, et au fil des années, il a séduit de nombreuses institutions financières, notamment Bank of America, le Crédit Suisse, Goldman Sach, Barclays, et UBS. Le XRP / Ripple est notamment utilisé pour faciliter les échanges d'un compte en banque à un autre, sur des devises classiques (par exemple, l'envoi de 1 000 dollars depuis les USA, au client d'une banque de Singapour, en une dizaine de secondes tout au plus).

    Ripple assure des transactions ultra-rapides, bien plus que le Bitcoin comme nous l'avons vu, mais aussi que les transactions classiques de banque à banque.

    La progression du XRP / Ripple sur l'année 2017 a été l'une des plus spectaculaires : + 12 455 %. De fait, Ripple est généralement classée n°3 du hit parade des cryptomonnaies en terme de capitalisation boursière, par CoinMarketCap.

    La capitalisation boursière du XRP représentait entre 21 et 29 milliards de dollars en juin 2018, selon les places de marché, soit près de la moitié de l'Etherum et entre 1/5ème et 1/10ème de la capitalisation boursière du Bitcoin.

    Pour en savoir plus

    Le blog de Cyril Fiévet

    Lecture conseillée : le blog de Cyril Fiévet sur le Bitcoin : Comprendrebitcoin.com

    Qu'est-ce que le Bitcoin ?

    Page d'explications proposée par La Maison du Bitcoin

    Le développement du Bitcoin - infographie

    Infographie sur le développement du Bitcoin

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    Site Web Daniel Ichbiah

    Daniel Ichbiah a été deux fois n°1 du Classement Général des livres.
    Avec : N°3 avec Michael Jackson, Black or White